Déroulement de la Guerre

Histoire Officielle des Guerres de Greyhawk (2/2)
jeudi 22 octobre 2009
par  armenfrast
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Etant donné la délicate balance du bien et du mal sur la Flanesse et la tragiquement faible nature des tyrans et rois, la question n’était pas de savoir si une guerre allait éclater mais comment, quand et où elle le ferait. En 582 AC, ces questions trouvèrent des réponses surprenantes.

Levée de Stonefist

Dans le nord glacé, loin de la lutte pour la puissance des anciens royaumes d’Aerdi, vivaient quelques tribus barbares : les Fruztii, Schnai et Cruski et les pillards du Domaine de Stonefist. Pendant des siècles, ces bandes attaquèrent quiconque entrant sur leurs terres stériles ou sur leurs mers. Trois des quatre groupes - Frutzii, Schnai et Cruski - clamaient avoir des racines sueloises et des ennemis communs dont le principal était ceux de Stonefist.

Les escarmouches entre ces peuples primitifs demeurèrent une parenthèse dans l’histoire épique de la Flanesse. Toutefois, des rumeurs surgirent à propos d’un ancien artéfact ancestral - les Cinq Lames de Corusk - d’origine barbare et doté d’une puissance magique extraordinaire perdue depuis des siècles. Quatre des cinq lames furent retrouvées au cœur des Montagnes Corusk. Et quand la dernière des lames serait unie à ses sœurs et rituel approprié fait, les Cinq Lames de Corusk uniraient leur puissance pour invoquer le Grand Dieu du Nord. Cet être surnaturel lèverait alors les tribus barbares et les mènerait à la victoire dans les chaudes et fertiles terres du sud.

Bien que d’innombrables jeunes guerriers moururent dans les montagnes à sa recherche, la dernière lame ne fut pas retrouvée. Quoiqu’il en soit, en 582 AC, un chef d’une grande puissance et très charismatique apparut parmi les barbares. Il s’appelait Vatun, Grand Dieu du Nord - et avait la puissance magique requise pour le prouver. L’apparition de Vatun surprit même les plus convaincus de la légende des Cinq Lames, y compris les rois barbares qui avaient utilisé cette histoire pour asseoir leurs pouvoirs. Vatun dût d’une certaine manière prouver sa puissance à ces dirigeants sceptiques, car les rois Fruztii, Schnai et Cruski livrèrent leurs souverainetés ancestrales au "tout puissant" Vatun.

En réalité, Vatun n’était pas ce qu’il semblait être ; l’histoire entière n’était qu’une gigantesque imposture. Iuz, avec sa ruse maligne et ses pouvoirs de demi-dieu, avait fabriqué Vatun et se mascaradait comme le messie des barbares. Peut-être que les Cinq Lames de Corusk existaient réellement et peut-être que le Grand Dieu du Nord serait apparu si la cinquième lame avait été retrouvée, mais les machinations de Iuz stoppèrent net toute recherche de cette dernière.

Vatun ne perdit pas de temps. La guerre était imminente entre les barbares et Stonefist. Alors que Vatun apparaissait devant ses suivants barbares subjugués, les Fists convergèrent vers eux pour interrompre la cérémonie. Lors de la brève bataille qui s’ensuivit, Vatun repoussa facilement les Fists et reçut ainsi les louanges prostrés des barbares. Toutefois, plutôt que d’écraser complètement les Fists, Vatun s’en fit des alliés. En l’espace de quelques semaines, Sevvord Barberouge - très connu pour son indépendance bornée - changea radicalement (ou magiquement) d’idée et se joignit aux hordes barbares de Vatun.

Les Vagabonds des Terres Stériles, peut-être parce qu’ils sentaient l’odeur trop familière de Iuz, se montrèrent moins pieux envers Vatun. Terriblement indépendants, les chefs des quelques Chiens de Guerre survivants refusèrent l’offre de Vatun de s’allier à lui. En se retirant dans la grande plaine entre Stonefist et Iuz, les Vagabonds furent ensuite à la fois protégés et assaillis par leurs terres gelées et inhospitalières.

Bien que Vatun semblait inconséquent aux sages des terres civilisées et qu’il fut en réalité une feinte, son apparition altéra irrémédiablement la délicate balance du bien et du mal. L’alter ego de Iuz tenait les tribus du nord dans une main de fer et d’un simple geste, il les envoya au sud.

Le Domaine de Stonefist, maintenant allié plutôt qu’ennemi des barbares, se massa en vue d’un assaut vers le sud. Faisant preuve d’une sauvagerie qui surpassa sa réputation, Sevvord Barberouge, Maître du Domaine, réprima dans le sang toute opposition à son règne. Il fit même du Rite Annuel des Batailles un véritable massacre pour prouver son autorité, puis rassembla ses forces pour un conseil de guerre. Il dit que le temps était venu pour les Fists, privés de leurs terres et gloires, d’amener leurs voisins du sud de se rendre à leurs évidences.

Grâce à une telle démagogie, le Maître du Domaine n’eut pas de mal à rassembler une énorme et loyale armée barbare. Les Fists étaient avides de guerre et Sevvord Barberouge disposé à les laisser se repaitre. Sur ordres de Vatun, le Maître du Domaine mena son armée au travers de la Passe du Tonnerre et déferla sur Calbut dans le Duché de Tenh.

Chute de Tenh

Pendant des décades, les atamans de Stonefist avaient convoitées le Duché de Tenh - une terre chaude et douce selon leurs standards barbares. Toutefois, pendant toutes ses années le Duc de Tenh et ses armées avaient bloqué le chemin vers ces terres riches. Basées dans la cité murée de Calbut [1], les patrouilles du Duc Ehyeh surveillaient et protégeaient la Passe de Tonnerre, repoussant les petites attaques et ralentissant des raids plus importants suffisamment pour que des renforts provenant de la garnison de la ville puissent arriver. Pendant des siècles, les cités murées de Tenh et leurs garnisons contraignirent les Fists à de petits raids frontaliers. Préoccupés par des escarmouches quasi-continuelles avec les Fruztii, les Fists n’avaient pas monté d’attaques de grande envergure à travers la passe depuis plus de 30 ans.

Pendant ces années, les Tenhas devinrent suffisants. Croyant la frontière nord comme sure, le Duc Ehyeh retira de ses guerriers de la Passe du Tonnerre pour leur assigner des tâches plus urgentes : patrouilles pour intercepter les créatures venant des Montagnes Griff et des Marais des Trolls, forces de frappe pour chasser les hors-la-loi de Rookroost et des Royaumes Bandits, et armées régulières pour renforcer la frontière avec la Théocratie de Pale qui devenait de plus en plus dangereuse. La Passe du Tonnerre étant calme et les Fists occupés ailleurs, Ehyeh permit à la garde des Tenhas basée à Calbut de s’endormir dangereusement.

En 582 AC, Calbut n’était pas du tout préparée pour résister à une horde de barbares franchissant la Passe du Tonnerre. Le grand mur de la gorge qui fermait les hauteurs de la passe tomba sous les assauts des Fists et les courriers portant la nouvelle de l’attaque furent rattrapés. L’interminable flot des Fists s’engouffra ensuite dans la passe, lécha les murailles de Calbut et s’introduisit dans ses portes encore ouvertes prenant le commandant de la garnison totalement au dépourvu [2]. Tous les hommes de la ville furent massacrés et les femmes et enfants emmenés en captivité. Bien que la perte de Calbut toucha le Duc de Tenh, il s’attendait à ce que l’invasion suive son cours normal, c’est-à-dire à ce que les Fists s’arrêtent pour piller la ville. Pendant les jours - voir les semaines - durant lesquelles les barbares pilleraient la cité, le Duc Ehyeh lèverait prudemment son armée puis piégerait ceux-ci dans leurs camps. Lentement, le Duc rassembla son armée, prélevant des troupes sur d’autres fronts.

Toutefois, cette invasion ne se passa pas comme les précédentes. Pendant que les forces de Tenh se rassemblaient, Sevvord Barberouge poussa ses troupes encore en avant. Dans la brève campagne qui s’ensuivit, les Fists marchèrent le long de la rivière Zumker, venant aisément à bouts des quelques milices qu’ils trouvèrent sur leurs chemins. Cinq jours après la chute de Calbut, la horde de Sevvord assiégeait la capitale de Tenh, Nevond Nevnend.

Sans la présence rassurante du Duc, les citoyens paniquèrent. Des rumeurs de greniers vides virent la levée d’une foule de paysans effrayés qui marchèrent sur la citadelle. En réponse, le Conseil des Seigneurs lâcha la garde de la citadelle sur la foule, ce qui provoqua une émeute qui s’étendit rapidement à toute la ville. Pendant que la cité bouillonnait, à l’extérieur, Sevvord faisait la siège. Ainsi, la capitale tomba facilement, et avec elle toute l’authorité de Tenh.

Après le double désastre de Calbut et de Nevond Nevnend, les armées de Tenh étaient décimées. Les Fists de Sevvord se répendirent alors facilement à travers les campagnes et dans le Phoswood. Le Duc et la Duchesse, ainsi que leurs enfants, fuirent le pays, trouvant refuge à la cours de la Comtesse Belissica de Urnst.

Diplomatie

La nouvelle de la chute de Tenh se répandit comme une trainée de poudre, provoquant des réactions de tous les cotés. La conquête de Sevvord sonna comme un glas à travers la lande. Des messagers murmuraient les nouvelles aux oreilles des rois et empereurs leur disant "Le marteau est tombé. Le temps est venu.". La grande guerre avait fait couler son premier sang.

Le plus déconfit par la chute de ce marteau était le Duc Ehyeh. A la cité de Radigast, lui et ses courtisans fondèrent une cours en exil. La décision de la guerre de Tenh s’était faite vite, ainsi, la réputation du duc en pâtit considérablement. On l’accusa de négligence, d’inaptitude à commander, etc... C’est dans ce contexte que la Duc demanda à sa bienfaitrice des fonds et une armée pour recouvrir sa terre. La comtesse de Urnst, n’étant pas femme à outrepasser les traditions ancestrales des droits de la noblesse, donna refuge au duc et à sa suite et finança même sa cours, mais elle se refusa à toute autre aide.

D’autres nations ne furent pas si obligeantes. La Théocratie de Pale, bien que mécontente de voir Sevvord à ses portes, avait depuis longtemps une très faible confiance envers ceux de Tenh. Ainsi, Le Prélat Suprême de Pale refusa de fournir une armée au Duc Ehyeh, choisissant plutôt de renforcer ses propres frontières et de s’apprêter à conquérir Tenh lui-même. Le roi de Nyrond, quoique favorable à la cause du Duc, réserva ses troupes et ses finances pour contrer les troupes de son vieux rival, le Grand Royaume, qui ne devraient plus tarder à se manifester.

Au même moment, Iuz subissait son premier revers. Les peuples des Fruztii, Cruski et des Schnai, rivaux de longue date des Fists, ne furent pas heureux de l’attaque audacieuse de Sevvord. Tenh avait toujours aidé les barbares dans leur lutte contre le Grand Royaume et la Marche des Os. Par exemple, le Duc Ehyeh fermait les yeux sur le commerce d’armes entre Rookroost et Krakenheim qui passait par ses terres. Maintenant, le Maître du Domaine fermait les routes commerciales et confisquait toutes les expéditions d’armes pour les donner à son peuple. Furieux de ce manque à gagner et se sentant trahis par le "Grand Dieu du Nord", les chefs barbares commencèrent à douter de Vatun. L’alliance que Iuz avait construite commençait à s’éroder.

Les rois barbares refusèrent d’écouter Vatun quand celui-ci leur demanda d’écraser Ratik et d’envahir la Marche des Os. Bien que les humanoïdes de la Marche comptaient parmi leurs ennemis les plus détestés, ils n’avaient aucune envie d’agresser Ratik. La minuscule archibaronie avait coopéré avec eux depuis de longues années et des liens forts s’étaient créés entre elle et ceux du Nord [3]. Bien que n’ayant rien contre des raids côtiers contre la Marche des Os et le Grand Royaume, les barbares refusèrent les ordres de Vatun d’attaquer Ratik. Après quelques mois de guerre, l’alliance du nord s’effondra.

Ainsi, la ruse qui avait déclenché la grande guerre pris fin, mais pas sans que Iuz ne se soit assuré de la fidélité sans faille des Fists. Toutefois, bien que ses plans ne se soient pas vraiment déroulés comme il l’avait prévu, Iuz avait tout de même réussi à détourner l’attention des barbares vers l’est. En effet, au lieu de franchir les passes du nord et de se déployer vers le sud, les hommes du nord lâchèrent de grands raids maritimes le long des côtes du Grand Royaume quelque temps après.

Martyrs du Saint Bouclier

En 583 AC, Iuz retourna dans son domaine. Sa courte absence, le temps pour lui de s’occuper des barbares, menaçait une fois de plus de plonger son empire dans le chaos le plus total. Énervé par les revers qu’il avait suivit dans l’est et déterminé à établir le calme chez lui, Iuz restructura sauvagement sa nation. Les nobles humains des vieilles maisons de Furyondy - déchets humains, trop faibles pour s’opposer à Iuz ou fuire - furent soit déposés soit tués. A leur place, Iuz placa des êtres vils venus de l’Abysse : nabassu, cambions, hezrou, mariliths ou vrocks qu’il avait d’une façon ou d’une autre réussi à mettre à son service [4].

Iuz ne s’arrêta toutefois pas à son domaine, et replaça aussi les chefs de la Société Cornue. Les Redoutables et Abominables Présences, les Hiérarches, lui rendirent la tâche facile. En effet, ils régnaient en secret cachant leurs traits humains à leurs suivants humanoïdes. Ainsi, des rumeurs comme quoi ils étaient des Seigneurs Démons circulaient parmi leurs hommes, celles-ci ayant été créées par les Hiérarches pour asseoir leurs pouvoirs. Iuz décida simplement de faire de ces rumeurs une réalité. Au mois de Coldeven, à la culmination du Festival de la Lune Rouge, les citadelles de Molag rougirent de sang comme le Seigneur du Mal frappa. En moins d’une nuit, les Hiérarches devinrent des êtres légendaires et Iuz pris totalement le contrôle de la Société Cornue.

Cette prise de pouvoir et l’armement de Iuz pour la guerre ne passèrent pas inaperçus. Les espions de Furyondy revinrent au roi Belvor IV avec des nouvelles d’armées humanoïdes grossissantes, et celles-ci auraient pu être écrites avec leurs propres sangs car la plupart de ses agents humains furent retrouvés morts, rendant Belvor aveugle et sourd à ce qui se tramait au delà de ses frontières nord.

Quand les hommes qui échappèrent aux massacres arrivèrent à lui, le roi se prépara immédiatement à se défendre, d’autant plus qu’il venait juste d’apprendre le destin tragique de Tenh. Les citadelles le long de la rivière Veng furent renforcées en vue d’une attaque imminente. Les vassaux de Belvor levèrent des milices et dépêchèrent des troupes le long de la Veng. Des émissaires allèrent dans les Terres Boucliers et Veluna pour les inciter à la guerre. Belvor était déterminé à ce que Furyondy ne tombe pas.

Dans les Terres Boucliers, les émissaires de Belvor reçurent un accueil glacial de la part du Seigneur Holmer, Comte de Walworth et Commandeur des Chevaliers du Saint Bouclier. Les relations entre les deux dirigeants avaient toujours été délicates. Bien qu’allié ostensiblement à Furyondy, le comte suspectait depuis longtemps que Belvor projetait d’annexer les Terres Boucliers. Aussi, les nouvelles de la levée de Molag rendirent Holmer d’autant plus prudent. Toutefois, il ne pris pas cette mise en garde à la légère mais pensa plutôt que Belvor donnait plus d’importance au danger qu’il n’y en avait vraiment. Holmer pensait plus périlleux pour lui d’accepter sur son sol de puissants Chevaliers de Furyondy pour l’aider à se défendre plutôt que d’affronter les hordes de la Société Cornue avec ses propres troupes.

Au début du mois de Flocktime, Iuz frappa. Sous le couvert de la nuit, les humanoïdes de la Société Cornue passèrent les rivières Veng et Ritensa et lancèrent des attaques tests. Aucune de celles-ci ne fit de pertes réelles parmi les chevaliers du Cerf ou du Saint Bouclier, mais toutefois elles atteignirent leurs buts. Pendant que Belvor et Holmer se concentraient sur l’état de leurs frontières fluviales, les véritables légions de Iuz franchissaient la Ritensa bien au nord des Terres Boucliers et frappaient au cœur des Royaumes Bandits. Les seigneurs brigands furent rapidement dépassés par la puissance militaire déployée par Iuz. De plus, étant donné le nombre d’espions récemment exécutés, le demi-dieu était quasiment sûr que Belvor et Holmer n’étaient pas au courant de cette manœuvre.

Effectivement, ils ne l’étaient pas. Le seigneur Holmer n’eut vent des actes de Iuz qu’après que les armées de celui-ci aient brisé sa frontière est et alors qu’elles marchaient sur Critwall. A cette annonce, Holmer retira de sa frontière fluviale toutes ses troupes sauf une poignée de chevaliers et mena lui-même la marche de son armée vers sa capitale sans défense, Admundfort. Plus de la moitié de ses chevaliers périrent pendant ce voyage, mais ceux qui atteignirent les rives du Nyr Dyv brulèrent autant de vaisseaux que possible puis prirent la mer vers la capitale. Toutefois, cette manœuvre désespérée fut vaine car celle-ci tomba rapidement sous les coups de boutoirs des poursuivants. Ainsi, Critwall et Admundfort tombèrent aux mains griffues de Iuz et Holmer fut capturé.

La chute des Terres Boucliers découvrit le flanc est de Furyondy ; ce que Belvor répara rapidement. Ses seigneurs levèrent de vastes milices pour renforcer les rangs des Chevaliers du Cerf et des troupes furent rapidement rappelées de la frontière avec la Forêt de Vesve. Grâce à ces renforts, l’armée de Furyondy réussit à contenir les hordes humanoïdes de Iuz à la Bataille du Pont de Critwall leur infligeant des pertes sévères, interdisant ainsi toute progression au delà de la Veng.

Attaques et Contre-attaques

Bien que pris au dépourvu, Furyondy n’était pas endormi. Pendant qu’il levait des troupes fraiches, le roi Belvor IV fit envoyer ses émissaires les plus capables dans les cours du sud. Des ambassadeurs apportèrent la triste nouvelle de la chute d’Holmer à Célène, Bissel, Veluna, dans les Etats d’Ulek et par dessus tout à Kéoland. Avec tact, ils mirent en garde ces pays sur les conséquences que pourrait avoir la chute des pays du nord, incitant ces pays à se soulever et à s’opposer au mal une bonne fois pour toute. Toutefois ces mots furent presque vains ; en effet, les dirigeants demandèrent combien de troupes ils devaient envoyer et combien de temps ils pouvaient attendre avant de le faire.

Pendant ce temps dans l’est, Archbold III de Nyrond se remettait du choc de la chute de Tenh. Agacé par des accusations comme quoi il aurait laissé tomber le Duc, il décida de prouver de façon indéniable son soutien à ses anciennes colonies. Alarmé par des rapports relatant le pillage sans merci auquel les Fists s’adonnait, Archbold marcha au nord à travers le Nutherwood. Les contingents elfes de son armée lui permirent d’infiltrer facilement le Phostwood et de défaire les quelques barbares postés là. Sans autre forme de procès, les Nyrondais débouchèrent de la forêt.

Différents qu’ils étaient des Tenhas, les Fists s’avérèrent des adversaires coriaces. Fou de rage par cette attaque surprise, Sevvord exécuta quelques commandants laxistes comme exemples, puis sacrifia quelques uns de ses hommes pour lui laisser le temps de rassembler ses forces près du Village de Ternsmay. Bien que désavantagés par le nombre, les Fists occupaient un terrain favorable, c’est pourquoi, aucun camp n’eut le dessus. Après un combat qui dura tard dans la nuit [5], les Fists se replièrent et fortifièrent leurs positions. Toutefois, Archbold ne pouvait plus se permettre de pousser plus loin. Ainsi, pendant de longues semaines les deux adversaires campèrent sur leurs positions s’observant à travers un no-man’s-land d’une mile.

Iuz n’avait aucune intention de laisser sa suite de victoires s’interrompre. Utilisant l’or pillé dans les Terres Boucliers, il acheta les services de mercenaires humanoïdes de la Forêt de Vesve [6]. L’armée mercenaire descendit de la Vesve, débordant la garde frontalière de Furyondy et prenant Crockport. Le chemin de Chendl, la capitale était libre. Toutefois, elle ne tomba pas grâce à la réaction rapide de quelques chevaliers et des gens de Highfolk qui harassèrent l’armée humanoïde tout au long de sa progression dans les terres de Furyondy. Ainsi, bien que l’armée marchait sur Chendl, elle le faisait lentement, ce qui donna du temps aux défenseurs de la cité pour se préparer. Toutefois, au mois de Reaping, Chendl était encerclée.

Furyondy assiégé

Les nouvelles de Chendl portèrent un coup à Belvor IV. Iuz tenait les Terres Boucliers, la Société Cornue ne cessait d’attaquer ses frontières, et maintenant la province de Fairwain et Chendl étaient assiégées.

Pire peut-être, aucune aide n’était arrivée. Les rapports de ses ambassadeurs étaient décourageants. Le Seigneur Kendall écrivait de Célène disant que sa Majesté, Yolande, était "très ambigüe quand il lui demandait combien de troupes elle pouvait envoyer et quand elle pensait s’en occuper". Les nouvelles de Bissel n’étaient pas meilleures. Le Margrave pensait que les Cavaliers de Ket profiteraient du départ de ses troupes pour attaquer sa frontière. Le Commandant de Gran March insistait sur le fait qu’il ne pouvait agir sans concertation préalable avec Kéoland. Et Kéoland restait muet.

A Furyondy, les Sept Familles Nobles commençaient à critiquer le coût de la guerre. En plus des revenus engagés, elles se lamentaient aussi sur leurs pertes de revenus. Les nouvelles milices avaient vidé les campagnes d’hommes jeunes et valides, laissant les moissons pourrir sur place. Pendant ce temps, les agents de Iuz s’infiltraient dans le royaume essayant de pousser la population locale affamée à la révolte. Toutefois, Belvor ne se découragea pas là où tout autre aurait cru la cause entendue.

En effet, toutes les nouvelles n’étaient pas si mauvaises. Les chevaliers avaient réussi à stopper l’avance des humanoïdes qui ne pouvaient alors faire guère plus qu’encercler Chendl. Les raids de la Société Cornue devenaient de moins en moins fréquents et plus brouillons. Mais, mieux que tout, le Canon de Veluna venait de lui apprendre que son armée se dépêchait de se porter au coté de Furyondy. De même, les nouvelles de Nyrond - quoique moins bonnes - indiquaient clairement que les Fists étaient contenus. Encouragé par ces nouvelles, Belvor décida de passer à l’action.

La première attaque de Furyondy - plus politique que stratégique - fut de briser le siège de Chendl. Jouant sur la nature chaotique des assiégeants [7], Belvor laissa la majorité de ses troupes le long de la Veng et, à la tête d’unités d’élite, il mena lui-même une attaque fulgurante contre ceux qui menaçaient sa capitale. Les chevaliers de Belvor étaient en sous nombre, mais grâce à leur tactique supérieure et à l’aide de sorciers, ils prirent le dessus. Les chevaliers taillèrent en pièces les rangs humanoïdes et les acculèrent aux murs de la ville. Peu de temps plus tard, les champs autour de Chendl étaient couverts de cadavres orques séchant au soleil, et la route de Chendl était à nouveau libre.

A ce moment, Iuz et Furyondy étaient aux bords de leurs limites. La guerre violente qu’ils s’étaient livrée avait épuisée leurs réserves en nourriture et en troupes entrainées. Ainsi, pendant les mois de Patchwall, Ready’reat et Sunsebb, les deux nations se dépêchèrent de se réapprovisionner.

L’éveil du Grand Royaume

A ce point, le conflit qui allait devenir la Grande Guerre de Greyhawk n’était perçu par beaucoup comme une simple dispute régionale - quoique particulièrement violente - entre quelques nations du nord. Les états de la Ligue de Fer et ceux autour de Kéoland ne voyaient pas pourquoi ils devraient envoyer de l’aide aux pays assiégés ni pourquoi ils devraient fortifier leurs propres frontières. Ils avaient bien tord.

Que ce fût par pure folie ou par intérêt politique, toujours est-il que c’est au mois de Patchwall 583 que l’Empereur du Grand Royaume se décida à faire son apparition dans l’arène de la guerre. Celà faisait bien longtemps qu’il convoitait Almor et Nyrond, mais ces deux nations s’étaient toujours montrées unies contre ses légions. Toutefois, les récents évènements de Tenh étaient une parfaite diversion pour Nyrond : le roi Archbold et la moitié de son armée étaient loin au nord. Le reste de ses troupes, bien que loin d’être inoffensives, ne pourraient pas lutter contre les siennes avec un rapport de deux contre un en leur défaveur.

D’autres facteurs encore convainquirent Ivid V que Nyrond et Almor étaient près à être conquis. Il y avait quelques temps que l’Empereur courtisait les humanoïdes de la Marche des Os, et ces tribus agressives et primitives venaient juste de répondre favorablement à sa proposition d’alliance après qu’il leur eut promis une bonne part du butin qu’ils pilleraient ensemble plus tard. A cette nouvelle, Ivid prépara la guerre dans ses propres terres et incita ses cousins rebelles et indisciplinés à faire de même. La Province du Nord, sentant le vent tourner, se rallia à la cause de l’Empereur [8], pensant qu’Ivid, s’il n’était pas un ami sur, serait très certainement un ennemi des plus affreux. La Province du Sud hésita, craignant un sale coup suite à ses échecs contre Onnwal. L’Episcopat de Médegia se montra défiant envers Ivid, confiant qu’était le Saint Censeur qu’il pourrait tenir l’Empereur à distance. Bien qu’Ivid ne fut pas vraiment ravi par ce refus, il ne prit toutefois aucune mesure contre son prélat en chef [9]. Afin d’augmenter encore plus les rangs de ses troupes, Ivid plongea dans ses coffres et dépensa des sommes colossales pour acquérir les services de nombreux mercenaires. Des nouvelles de ces largesses allèrent bien au delà de la Cité de Greyhawk et les rangs des armées de Nyrond et Furyondy se trouvèrent amenuisés comme des mercenaires partaient vers l’est pour y trouver une paye plus intéressante.

Avec ses armées gigantesques et hétéroclites, Ivid frappa dans toutes les directions à la fois. Son armée des Glorioles passa la Rivière Thelly et entra dans les Glorioles. Après y avoir rencontré une vive résistance, celle-ci pénétra toutefois dans le Comté de Sunndi et le déborda rapidement. L’Armée d’Aerdy, pour sa part, marcha lentement vers Chathold, capitale d’Almor. L’Armée du Nord, quant à elle, entra dans la Forêt d’Adri près de Edge Field avec comme but Innspa à Nyrond. Pendant ce temps, la Grande Armée de Champ de la Province du Sud marchait à travers les Collines de Fer avec la ferme intention de capturer enfin la Cité Libre d’Irongate.

Le Raid d’Osson

Les intentions du Grand Royaume pouvaient difficilement passer inaperçues. En effet, ayant toujours été la cible numéro un d’Ivid et sachant quel sort l’Empereur réserverait à son pays, le Prélat Kevont d’Almor avait lui-même organisé un réseau de renseignements au sein des terres d’Aerdy afin de ne jamais être pris au dépourvu par les décisions du Fou de Rauxes. Ainsi, quand ses espions lui apprirent qu’Ivid levait d’immenses armées, il envoya des messagers à Nyrond et dans tous les états de la Ligue de Fer pour les préparer à la guerre pendant que son peuple consolidait ses propres défenses.

Prudent qu’il était, Kevont ne prit pas lui-même le commandement de ses troupes mais le confia plutôt à un chevalier jeune et respecté de tous, l’Honorable Osson de Chathold qui fut alors placé à la tête de la totalité des forces de la Prélature.

Osson n’eut pas de mal à se faire une idée de la gravité de la situation. Rien que par le nombre, le Grand Royaume était en mesure d’écraser le pays - et visiblement avait l’intention de le faire. La situation était claire, mais la solution ne l’était pas. Almor ne pouvait pas se défendre contre une telle armée. Ainsi, Osson décida de passer à l’offensive et de porter la guerre au delà de ses frontières au cœur même du Grand Royaume épargnant ainsi Almor. Ce plan audacieux n’aurait jamais été mis à exécution si Kevont lui-même ne l’avait appuyé, car nombre de vieux chevaliers le trouvaient bien trop dangereux.

Le plan était très simple et osé. Osson divisait son armée en deux. Il en postait une partie le long de la frontière avec le Grand Royaume. Celle-ci, trop petite pour bloquer une attaque massive, avait pour rôle de harceler sans cesse les troupes d’Aerdy et de patrouiller la frontière avec rigueur et énergie. Ainsi, pensait Osson, les aerdiens pourraient croire qu’elle serait bien plus importante qu’en réalité, ce qui devrait les empêcher d’attaquer Almor en masse [10].

La deuxième partie de l’armée d’Almor était constituée de la totalité de la cavalerie du pays et commandée par Osson. Tout bagage était interdit hormis le strict nécessaire [11]. Osson ordonna que chacun renonce à tout confort inutile, car faible par le nombre, la vitesse de sa troupe ferait certainement la différence entre la vie et la mort.

Ayant divisé ses forces, Osson mis son plan à exécution. Sachant qu’aucune de ses armées ne pourrait supporter l’attention pleine et entière du Grand Royaume, le commandant espérait détourner Ivid d’Almor. En effet, le pays avait besoin de temps pour que des renforts de Nyrond puissent arriver. De plus, si il pouvait suffisamment harceler Ivid, il était même possible que l’Empereur n’attaque jamais Almor. D’une façon ou d’une autre, Osson préférait faire la guerre en Aerdy.

Franchissant la Forêt de Thelly, Osson frappa tout d’abord au sud en Harvester 583. Rapides et profitant de l’effet de surprise, les cavaliers d’Almor balayèrent les troupes mal entrainées d’Ahlissa et plongèrent au cœur de la Province du Sud y semant le plus grand des désordres. Les paysans locaux opprimés depuis longtemps par le Herzog accueillirent à bras ouverts les Almoriens. La réponse à cette attaque fut longue à venir, car la majorité des troupes de la Province étaient alors massées à l’ouest se préparant à attaquer Irongate. Dépèchant en hâte des détachements de son armée vers l’est, le Herzog dût accepter à contre coeur l’aide de l’Empereur. L’Armée d’Aerdy marcha donc vers le sud ouest pour engager les intrus, mais, avant qu’elle ne les attrape, Osson poussa plus loin.

Plutôt que de retourner à Almor, Osson mena ses cavaliers dans le Rieuwood. L’Armée des Glorioles de l’Empereur, bien que victorieuse, avait subi de lourdes pertes durant sa conquête de Sunndi. Osson pensait que la défaite de ses troupes dans Sunndi détournerait l’attention d’Ivid d’Almor. Une fois dans les bois, Osson trouva toutefois les troupes de l’Empereur prètes à le recevoir. Bien qu’affaiblie, l’Armée des Glorioles était belle et bien là et ne serait pas être battue si facilement. Toutefois, les aerdiens n’avaient pas un général de génie à leur tête. A la Bataille de Rieuwood, Osson inaugura la tactique de la fausse retraite qui allait le rendre célèbre. Croyant la cavalerie ennemie défaite, les aerdiens lancèrent la chasse pour finalement tomber dans un piège mortel. L’Armée des Glorioles fut décimée.

Après un bref répis pour réorganiser ses troupes, proclamer la libération de Sunndi et recruter des volontaires, Osson repartit de plus bel et tranversant les Glorioles, il attaqua Nulbish sur la Rivière Thelly. Malheureu-sement, la chance d’Osson tourna à ce moment là. Le commandant de la garnison de Nulbish, Magistar Vlent, possédait l’entrainement militaire qui faisait tant défaut aux autres grands d’Aerdy. Ainsi, refusant toute confrontation directe, Magistar Vlent utilisa une flotille fluviale lourdement armée pour soutenir la ville et harasser les almoriens. Après quelques semaines de siège futile, Osson appris que l’Armée d’Aerdy ne tarderait plus à le rejoindre. Tout retour vers Almor était impossible.

Beaucoup d’options - aussi noires les unes que les autres - furent discutées lors du conseil de guerre d’Osson qui suivit cette nouvelle [12]. Certains des chevaliers prétendaient qu’il fallait retourner à Almor, d’autres qu’il fallait passer l’hiver à Sunndi, d’autres même qu’ils devaient marcher sur Rauxes, la capitale du Grand Royaume. Finalement, Osson décida de marcher sur Médegia et de maintenir la pression sur les troupes de l’Empereur. D’autant plus que si les nouvelles se vérifiaient, La Seigneurie des Iles et la Ligue de Fer étaient sur le point de s’allier. La flotte des Seigneurs permettrait donc certainement à Osson et aux siens de retourner à Almor après l’hiver, et ainsi de s’échapper à la barbe et au nez des armées d’Ivid.

Bien que cette attaque sur Médegia surprit l’Empereur, sa réaction fut aussi surprenante. Dès que les intentions d’Osson furent claires, Ivid ordonna à ses armées de cesser la poursuite. Médegia la Rebelle n’obtiendrait aucune aide. A la suite de batailles violentes, l’armée d’Osson écrasa les forces du Saint Censeur et se rendit maitre du terrain de Pontylver à Lone Heath. Spidasa, le Saint Censeur, fuit vers Rauxes pour demander pardon à sa majesté impériale. Mais manquant de compassion, Ivid le fit arrêter et condamner à la Mort Sans Fin [13].

Aide du Sud

L’arrivée de l’hiver apporta quelque répit aux belligérants. Dans le nord, la neige recouvrait tout et un vent glacial soufflait. Tout au long de l’orée sud de la Vesve, les humanoïdes de Iuz, loin de la chaleur de leurs cavernes, creusèrent des abris hâtifs du mieux qu’ils puirent et une fois installés à l’intérieur, ils se refusèrent à en bouger. Belvor profita de cette tranquilité pour préparer la suite.

A l’est, la pluie eut exactement le même effet. Pris dans la boue à cause des ordres de l’Empereur, les armées du Grand Royaume se massaient aux frontières de Médegia, Almor et Nyrond. Le raid d’Osson et les pluies incessantes permirent ainsi à Almor de se fortifier et de consolider ses frontières. Nyrond également leva de nouvelles armées afin de faire face à la menace des Aerdy.

Bien que l’hiver arrêta les armées, il semble qu’il ait donné un coup de fouet aux efforts diplomatiques de chacun. La Marche des Os se rappela au souvenir d’Ivid demandant sa part de butins et insista pour que l’attaque sur Nyrond ait lieu après la fonte des neiges. Ahlissa, sentant que son sort pouvait très bien devenir le même que celui de Médegia, réaffirma son intention de se battre au côté d’Ivid. De même firent les Barons des Mers, alors que la Province du Nord jurait sa fidélité sans faille à son cher Empereur.

L’entrée de l’Empereur dans la guerre simplifia une tache de Nyrond et d’Almor - convaincre la Ligue de Fer de se joindre à l’alliance. Ainsi, des représentants des états membres de la Ligue, de Nyrond et d’Almor se réunirent à Oldred sur invitation d’Archbold III et y signèrent le Pacte de l’Est les alliant contre "les aggressions folles du Grand Royaume". Le Comté de Urnst signa également ce pacte mais la Théocratie de Pale s’y refusa citant les nombreuses hérésies de Nyrond.

Toutefois, cette alliance pris un sérieux coup quand le Prince Latmac Ranold de la Seigneurie des Iles fut déposé par un de ses cousins éloignés, le Prince Frolmar Ingerskatti qui proclama son allégeance au Grand Empire Caché de la Confrérie Ecarlate. Osson était pris au piège à Médegia et la Confrérie Ecarlate devenait une réalité tangible.

A l’ouest, les efforts diplomatiques de Furyondy portèrent enfin leurs fruits. Réalisant que la menace de Iuz était bien plus que réelle, les états du sud consentirent enfin à s’allier. Kéoland signa en premier le Traité de Niole Dra, suivi de près par Gran March, le Yeomanry, le Duché d’Ulek et le Comté d’Ulek. Célène fut le dernier des pays à y consentir. Citant des menaces frontalières, les autres pays du sud s’y refusèrent mais jurèrent toutefois de ne pas aider Iuz. Avec ce traité en main, Belvor revint donc à Chendl avec beaucoup d’espoir pour son peuple.

A sa façon, Iuz conclut aussi des alliances - toutes outrageusement à son avantage. Après que le Royaumes Bandits aient été définitive-ment annexés, il envoya des émissaires à Ket, Tusmit et Perrenland leur demandant de prendre les armes. Ket et Tusmit répondirent favorablement alors que Perrenland ne lui offrit que sa neutralité bienveillante et des mercenaires. D’autres de ses agents allèrent encore jusque dans les Monts de Cristal espérant inciter les humanoïdes y résidant à attaquer Kéoland et ses alliés.

Finalement quand le printemps arriva, de nouvelles armées étaient en marche. La majorité des troupes de Kéoland franchissait les Lortmils, une petite troupe de Gran March arrivait par les Lorridges, quelques elfes de Célène montaient au nord, et la Ligue de Fer se rassemblait à Idee et Irongate. Parmi les forces du mal, Ket était près à fondre sur Bissel, la Marche des Os menaçait Ratik et Nyrond, et les Barons et Seigneurs des Mers se précipitaient vers la baie de Grendep pour faire cesser les raids des barbares.

Un Empire où nul n’existait

Pendant que ces armées fraiches marchaient vers le nord, des évènements très importants se déroulaient au Pomarj. Faisant autrefois partie de l’Empire de Kéoland, cette terre de montagnes et forêts était tombée depuis longtemps aux mains de sauvages tribus humanoïdes. La Principauté d’Ulek fit de nombreux essais pour conquérir cette région mais rien ne parvint à briser la résistance farouche des gobelins et orques qui y avaient trouvé refuge. Le Pomarj acquit rapidement la réputation d’un endroit de mort, d’esclavage, de dégénérescence et de fortune. Aussi, peu de gens osaient braver ces terres sauvages, si bien que ni Célène ni les pays d’Ulek ne virent ce qui s’y tramait.

Une révolution venait de se produire, une de celle que personne n’aurait pu soupçonner : un chef demi-orque venait de s’y révéler. Après s’être proclamé le chef du peuple des Nedla, Turosh Mak prit le contrôle des tribus avoisinantes [14]. Se déclarant Despote, Turrosh Mak commença à rassembler les diverses tribus en une grande confédération, et réussit ce qui aurait pu sembler invraisemblable pour tout le monde.

Pour avoir cette emprise sur les divers orques, gobelins, gnolls, ogres et autres, Turrosh Mak leur remémora les Guerres de la Haine dont la douloureuse mémoire circulait toujours dans leurs têtes. Ainsi, il n’eut pas grand chose à faire pour les rallier dans un même et unique but : recouvrer leurs territoires ancestraux.

Par le plus grand des hazards, Turrosh Mak frappa au moment le plus opportun pour lui et ses troupes. De grandes armées venaient juste de quitter les terres du sud pour aller combattre dans le nord emmenant avec elles les meilleurs hommes et les officiers les plus capables. Pendant que les autres nations regardaient au nord, la nouvelle nation orque avait du temps pour grossir et s’organiser.

Clamant haut et fort qu’il "forgerait un empire où nul n’existait", Turrosh Mak lanca ses troupes sanguinaires à la fin du mois de Readying. Cherchant tout d’abord des victoires faciles, il marcha sur le Sud de la Côte Sauvage qui tomba rapidement avec Elredd, Badwall et Fax. Grisées par la victoire, les tribus se dirigèrent ensuite vers le sud ouest et entrèrent dans la redoutable forêt de Suss puis firent éruption dans la Principauté d’Ulek.

Comme il est souligné plus haut, l’attaque eut lieu au bon moment. En effet, la majorité des armées qui auraient pu aider la Principauté dans sa lutte étaient au nord. Ainsi, la petite armée d’Ulek, bien qu’agguérie, fut prise de court par les hordes déferlantes du Pomarj et vite débordée. Le nain Marshall de la Jewel, Augustos Clinkerfire, combattit de son mieux mais ne put qu’organiser une retraite en bon ordre devant le nombre d’assaillants. Finalement, c’est dans les basses collines des Lortmils où les nains étaient plus à leur avantage, que le Seigneur Clinkerfire réussit à stopper l’avancée du Pomarj. Malheureu-sement, la moitié est de la Principauté était tombée aux mains de Turrosh Mak.

Sachant la fragilité de sa confédération tribale, le Despote n’insista pas plus loin. Ses orques avaient besoin de victoire pour maintenir leur enthousiasme et il était décidé à ne pas s’enliser dans un conflit qui serait long et sans issue. Satisfait de ses gains, Turrosh laissa ses contingents humains en Ulek et mena ses armées orques vers le nord [15]. Longeant la Forêt de Suss, Turrosh mena ses armées au nord ouest vers les cimes des Lortmils.

Sur leur chemin, gnômes, hobbits et nains combattirent courageusement mais surpris par un tel déploiement de forces, ils cédèrent. Ainsi, les orques s’enfoncèrent dans les montagnes sans trop rencontrer de résistance jusqu’à la Passe de Célène où une coalition de réservistes humains, nains, gnomes, hobbits et elfes mit une halte à leur avancée.

La Bataille de la Passe de Célène fut sanglante et longue. Les éclaireurs avancés de la Ligue du Droit (comme les défenseurs se nommèrent) venaient juste d’atteindre un virage de la passe quand ils virent les premiers scouts orques. Sur ordre du nain Rourk Splinder, les quelques 200 éclaireurs de la troupe montèrent une barricade de fortune et une redoute sur le bord de la passe avant que le gros des orques n’arrive. Réalisant qu’ils étaient inférieurs en nombre, Slinderstone envoya de nuit des messagers vers Célène et Ulek. Les orques étaient dans la passe et ceux-ci risquaient gros. Mais qu’en était-il de ceux qui restaient ? Si les messagers étaient tués ou arrivaient trop tard, Splinterstone et ses hommes ne pourraient rien faire d’autre que combattre jusqu’au dernier.

La première attaque eut lieu de nuit, une tactique orque standard. L’assaut n’était rien d’autre qu’une charge sauvage, une tentative de débordement par la masse. Toutefois, la barricade tint grâce aux ordres et au sang froid de Splinterstone. Des vagues d’orques chargèrent au fil des heures et ne cessèrent qu’à l’aube. Le soleil du matin éclairait un spectacle étonnant et horrifiant : d’innombrables corps d’orques étaient avachis devant la barricade comme pour la renforcer. Bien que moins nombreuses, les pertes naines étaient sérieuses. Toutefois, malgré le besoin qu’avaient ses hommes de se reposer, Splinterstone ordonna la construction d’une seconde et d’une troisième barricade au cas où la première tomberait la nuit suivante.

Pendant les trois jours qui suivirent, les Défenseurs du Droit, protégés par leurs "fortifications", résistèrent tant bien que mal aux incessantes vagues d’orques et de gobelins qui venaient se fracasser sur leurs défenses. Quand une colonne de renforts venant d’Ulek arriva enfin sur les lieux [16], elle fut bien étonnée de constater que Splinterstone et 30 de ses hommes étaient encore vivants et tenaient tenacement la dernière barricade. En effet, tous les croyaient morts depuis longtemps. Rourk Splinterstone reçut une baronie pour son courage et ses hommes se virent allouer une pension pour le reste de leur vie.

La défense de Rourk avait stoppé l’avance orque et une fois de plus le Despote du Pomarj cessa ses attaques, cette fois-ci pour retourner au Pomarj s’occuper de chefs orques rebelles. D’autres conquêtes attendraient.

Turrosh Mak arrêté, les états d’Ulek se préparaient à contre-attaquer mais même unies leurs armées étaient trop faibles. En effet, bien que l’engagement de Célène dans cette force aurait pu leur assurer la victoire, les elfes n’avaient aucune intention de leur prêter assistance.

Peu confiante envers ses voisins, Sa Majesté Yolande ne voulait pas bouger. A son sens, les humains du nord avaient "exigé" son aide et l’avaient ainsi privée de troupes vitales à la sécurité de son propre pays. Maintenant, des nains et des gnômes - nullement amis des elfes - demandaient son aide dans les montagnes. Aucun pays ne lui avait offert son aide quand Célène était menacé par le Pomarj raisonnait-elle. Donc, personne n’aurait d’aide de Célène. Yolande rappella ses troupes de Furyondy et ferma ses frontières. D’autres avaient déclenché cette guerre, ils la résoudraient eux même et aucun elfe ne serait tué inutilement.

La conquête d’Almor

Comme les derniers nuages de l’hiver se dissipèrent dans l’est, le Commandant Osson, toujours prisonnier de Médegia, pouvait bien imaginé le sort qui l’attendait avec ses hommes. L’espoir qu’il avait placé dans la Seigneurie des Iles s’était effondré. Des navires des Barons des Mers - les Requins d’Ivid - patrouillaient la Mer d’Aerdy pendant que les armées du Grand Royaume l’attendaient aux frontières. Même les paysans de Médegia que Osson pensait voir se soulever ne voulaient rien savoir par peur des légions d’Ivid. Ainsi, sachant que sa fin était proche, la cavalerie d’Almor repartit sur le chemin de la guerre pour la dernière fois, tentant une percée sur la Rivière Flanmi pour atteindre les Hautes Terres d’Hestmark.

Bien qu’Osson ait préparé une attaque en bon ordre, l’assaut fut plutôt désordonné. En effet, alors que la cavalerie chargeait à travers la rivière, nombre de ses officiers tombèrent sous les flèches des aerdiens retranchés. En fait, tant moururent que l’armée n’était quasiment plus commandée. Ainsi, dès qu’il le pouvait tout cavalier tentait sa chance et filait comme il le pouvait vers les plateaux et la sécurité de Sunndi. De là, le reste de la cavalerie défaite retourna à Almor par la Ligue de Fer. Le Commandant Osson ne revint pas et son devenir reste encore un mystère. Le Grand Raid Almorien venait finalement de se terminer.

Ce ne fut qu’après que ses diables se soient rassasiés des cadavres que l’Empereur s’occupa de Médegia. Ivid ordonna que cette terre soit pillée et défigurée. Il voulait que chaque homme, femme et enfant souffre pour avoir manqué d’obéissance. Le châtiment éternel de Spidasa ne suffisait pas à apaiser sa colère. Ivid autorisa tout homme à piller, violer, massacrer. Certains chefs allèrent même jusqu’à livrer bataille pour avoir le droit de piller telle ou telle ville. De fait, l’armée d’Ivid fut occupée pendant quelque temps.

Le Raid d’Osson avait fait beaucoup pour Almor. L’Armée des Glorioles était détruite, et l’Armée d’Aerdy était loin. Ainsi, la Prélature avait le temps de lever des armées et de se fortifier. Malgré ceci, la résistance d’Almor fut futile car Ivid - avec Ahlissa, Médegia (ce qu’il en restait), la Province du Nord et la Marche des Os à ses côtés - lacha toutes ses forces sur la pauvre Prélature.

Les historiens hésitent à nommer l’invasion d’Almor une bataille. Ce fut plus exactement un massacre. Les armées d’Ahlissa et d’Aerdy convergaient sur Chathold du sud et de l’est ; celle du Nord marchait à travers la Forêt d’Adri pour prendre la frontière entre Almor et Nyrond pendant que les orques de la Marche fondaient sur le flanc est de Nyrond. Ivid déborda donc Almor par trois fronts et empêcha Nyrond d’aider la Prélature.

Ironiquement, Almor fut attaqué et tomba en Planting 584. En effet, Chathold ne sut résister à la folie destructrice des mages et prêtres de l’Empereur. En un seul jour, le Jour de Poussière, ceux-ci réduisirent Chathold en cendres à force de magie. Quand la poussière tomba, il ne restait rien de Chathold à piller. Toutefois, Ivid ordonna que le corps de Kevont soit retrouvé et exposé pendant un mois sur les restes des murs de la ville. La nation d’Almor n’existait plus.

Les Cavaliers de Ket

Pendant ce temps, dans l’ouest, Iuz était confronté à une coalition d’armées bonnes. Furyondy, Veluna, Gran March, les états d’Ulek (qui ne savaient pas à propos du Pomarj), Keoland et le Yeomanry unissaient leurs bannières contre le Seigneur du Mal. Avec la Société Cornue et Stonefist comme seuls alliés actifs, Iuz semblait condamné.

Toutefois, la diplomacie de Iuz porta finalement ses fruits. En effet, au début de Goodmonth, les gardes de Bissel le long de la Rivière Fals virent les premières bannières du nouvel allié d’Iuz, Ket dont ils tinrent les troupes à distance respectable pendant quelques semaines.

Veluna retira rapidement ses troupes de Furyondy craignant que les cavaliers ne changent d’objectif. Au même moment, des nouvelles de l’attaque du Pomarj arrivèrent aux commandants d’Ulek à Furyondy. Pris entre leurs promesses à Belvor et les besoins de leurs nations, le Duc d’Ulek - Suprême Commandeur des forces d’Ulek - divisa ses troupes et en renvoya la moitié dans le sud, laissant l’autre à Furyondy.

Parmi les revers du destin, c’est à ce moment là que les géants, ogres et autres descendirent des Monts de Cristal sur les vallées de Stérich et de Geoff. Les dirigeants de ces terres envoyèrent alors des appels désespérés au roi Skotti de Kéoland, mais la majorité de l’armée de celui-ci étant dans le nord, il n’avait que peu d’aide à offrir car ses réserves aidaient déjà les Etats d’Ulek. Néanmoins, Skotti rassembla les forces qu’il put et les offrit au Comte de Stérich après que celui-ci ait reconnu l’authorité de Kéoland. Ces négociations prirent du temps et ce fut trop tard pour Stérich et Geoff.

Le Yeomanry fut lui aussi attaqué mais il tint. En effet, les paysans de ce petit pays savaient comment contrer ces êtres qui les menaçaient depuis longtemps. Toutefois, le Trouble des Géants les empêcha d’envoyer plus de troupes vers Furyondy.

Iuz profita de la diversion fournie par ces évènements et l’invasion du Pomarj pour lancer une nouvelle vague d’attaques. Tout d’abord, il poussa sur Chendl, mais ses armées furent repoussées et marchèrent à l’est de Crockport pendant que la Société Cornue faisait le siège de Grabford. Assaillies de toutes parts, les forces de Furyondy refluèrent et Iuz pris les berges sud du Lac Whyestil. La flotte de Whyestil qui avait assuré la domination de Furyondy sur ces eaux s’échappa de justesse de cet étau et rejoignit le Nyr Dyv par la Veng.

Toutefois, les forces du mal subirent aussi une cruelle défaite. Pendant que Iuz marchait à l’est, Belvor contre attaqua dans la Vesve. Aidé par les elfes des bois et les rangers de Highvale, il décima systématiquement tous les anciens territoire tribaux des orques dans ces bois. Avec la destruction de ces tribus, Belvor élimina tout espoir de Iuz de pouvoir se renforcer. Pendant ce temps, Veluna stoppait net la marche des Ketites sur Mitrik.

Bissel n’eut pas cette chance. Finalement, les cavaliers bakluns brisèrent ses frontières. Ainsi, le Beygraf Zoltan, Bouclier de la Vraie Foi, forca le Marshall de Bissel à accepter ses termes de rédition. La paix conclue, Ket contrôlait les routes commerciales vitales à travers le Trou de Bramblewood.

Le Roi Fou part en Campagne

La vague du mal semblait devoir submerger la Flanesse mais Istus fit son apparition sous les traits d’Ivid le Dément. Après avoir considéré le succès de l’éviction d’Osson et de la Campagne d’Almor dans lesquelles il avait joué un rôle modeste, Ivid conclut qu’Osson n’était pas un bon commandant mais plutôt que ses propres généraux étaient des ignares incompétents [17] qui avaient besoin de son aide. En bref, il décidait qu’il était un génie militaire et que ses généraux étaient des crétins attardés.

Après cette soudaine prise de conscience, Ivid prit personellement le contrôle de toutes les armées du Grand Royaume malgré les conseils de ses meilleurs aides. Ivid ne dessaisit pas uniquement ses généraux, il en exécuta bon nombre n’épargnant que ses favoris.

La campagne militaire qui s’ensuivit fut, comme c’était prévisible, un véritable désastre. Encouragé par la victoire sur Almor, Ivid poussa ses armées sans commandemant vers Nyrond croyant qu’il pourrait les diriger du Trône de Malachite par magie et messagers interposés. La tentative de passer la Rivière Harpe près d’Innspa fut un désastre total car les quelques commandants qui avaient échappés à la colère d’Ivid eurent trop peur de critiquer même le plus petit détail tactique. De plus, les ordres de Rauxes mettaient des heures à arriver et quand ils arrivaient, ils étaient illogiques ou dépassaient clairement les développements de la bataille.

Ivid répondit à ces fautes par d’autres exécutions et la peur commença à s’installer au coeur de la noblesse : la mort d’un commandant menait à la désignation d’un noble "sûr", qui était alors mis dans une situation impossible et devenait le prochain candidat à l’exécution. Originellement un honneur, les prises de commandements signifiaient la mort. Les généraux apprirent rapidement que la meilleure façon de survivre était de ne rien faire. Toute attaque sur Nyrond n’alla pas plus loin que la frontière, mais les armées du Grand Royaume continuaient leurs assauts futiles suivant aveuglement les ordres de l’Empereur.

Toutefois, Ivid ne s’arrèta pas là. Pensant - à juste titre - que ses généraux conspiraient contre lui, il décida d’avoir encore plus la main mise sur ceux-ci. Les prêtres d’Hextor, cherchant à se racheter aux yeux de l’Empereur, trouvèrent une solution à ce problème [18]. Grâce à des rituels secrets, les prêtres ramenèrent les généraux morts sous forme d’animus - un être qui, bien que mort, garde son intelligence et ses aptitudes. Ivid pensait probablement que de telles créatures lui obéiraient plus facilement. En fait, il fut tellement impressionné par ces généraux animus qu’il étendit ses ambitions. Tout d’abord, il fit tuer tous les nobles qui lui avaient déplu ou qui allaient le faire et les fit devenir des animus ainsi que tous ses courtisans favoris.

Bien que les nobles d’Aerdy étaient décadents, ils n’étaient pas fous et considéraient la "récompense d’Ivid" comme très peu enviable. Les faveurs d’Ivid devenant aussi mortelles que sa colère, nombre de nobles sombrèrent dans la médiocrité la plus totale et l’anonymat, voir la clandestinité. Quelques uns des plus courageux tentèrent de le dissuader, mais ne réussirent qu’à être "récompensés" sur le champ. Ainsi, dans la noblesse, la peur d’Ivid se transforma peu à peu en défiance. En bref, Ivid créa par son attitude les complots qu’il imaginait.

Cette crise de la noblesse d’Aerdy attint son paroxisme lors du Festival des Richesses 584. Un assassin sortit de la foule et porta un coup fatal à Ivid avec une dague empoisonnée [19]. Quand la mort d’Ivid fut annoncée, tout le pays poussa un soupir de soulagement. Et les nobles se préparèrent joyeusement à la lutte pour le pouvoir qui allait avoir lieu.

Cependant, celle-ci n’eut pas lieu à cause d’un évènement encore plus important que la mort même d’Ivid. Des arrangement secrets, probablement passés avec des diables alors qu’il était sur le Trône de Malachite, firent qu’Ivid revint de la mort. Ivid V, qui était sans âme et glacial durant sa vie, l’était doublement dans sa mort.

La vengeance de l’animus Ivid fut rapide et terrible. Une orgie d’exécution et de revivification s’ensuivit. Ivid récompensait même la plus petite suspiscion par la mort. Cherchant à règler leurs comptes, les nobles impliquaient leurs ennemis, et Ivid se moquait bien de savoir si les accusations portées étaient vérifiées ou non. L’Empereur, maintenant surnommé l’Immortel, se divertissait dans le chaos et la destruction de ses terres.

Ayant eu vent des massacres perpétrés par Ivid, le roi Archold III de Nyrond contre attaqua l’Armée du Nord entre Womtham et Innspa. Bien que les généraux animus d’Ivid combattirent bien - étant morts, ils n’avaient pas peur de mourir - les terres meurtries du Grand Royaume ne leur offrirent aucune aide.

Sa Grace Grenell, Herzog de la Province du Nord, se rebella contre son cousin dans une tentative désespérée de stopper la marche des Nyrondais sur ses terres. Libéré du roi fou, il s’allia à la Marche des Os, et réussit à stopper l’avance d’Archbold aux Collines de Silex en sacrifiant sans pitié de nombreuses troupes humaines et orques. Malgré cette leçon, Archbold ne lacha pas prise et continua son attaque croyant que la victoire totale était à sa portée.

La défection de la Province du Nord donna du baume au coeur à de nombreux autres nobles, vivants ou animus. Le Herzog de la Province du Sud, parmi les premiers nobles à avoir été récompensé par Ivid, réaffirma sa domination sur la Province du Sud. D’autres l’imitèrent rapidement et transformèrent leurs domaines en camps armés. L’autorité de l’Empereur s’effondra alors entièrement, ne le laissant à Ivid que ses propres terres. Ainsi, le fragile Grand Royaume éclata en des centaines de petites principautés, de duchés, de baronies et autres comtés. L’Empire d’Aerdy n’existait plus.

La Confrérie Ecarlate frappe

Durant la première année de la guerre, une faction était restée notablement silencieuse - la Confrérie Ecarlate. Pendant que d’autres se battaient à grands coups d’armées, la Confrérie infiltrait insidieusement toute les cours des rois. En guise d’armées, le Père de l’Obéissance envoyait des agents. Bien que la Confrérie semblait un simple observateur, rien n’était plus loin de la vérité.

La première phase du plan de la Confrérie Ecarlate était simple - attendre et voir. Le Père de l’Obéissance passa les premiers mois de la guerre à déterminer qui attaquerait qui et où les véritables centres d’intérêt se situaient. Tant que la guerre se limitait au nord, le Père de l’Obéissance se contenta des rapports que ses agents lui envoyaient de chaque camp. Ces hommes, se faisant passer pour des érudits ou des sages depuis bien avant le début des hostilités, conseillaient seigneurs et commandants imprimant ainsi la marque invisible de la Confrérie dans toutes batailles. Ces espions travaillaient pour s’assurer que les hostilités continueraient et que personne ne gagnerait. Le Père de l’Obéissance voulait que la guerre continue et c’est ce qui se passa.

Un autre groupe d’agents de la Confrérie travaillait plus loin dans des contrées plus isolées et désolées. Là bas, ils rencontrèrent d’inquiétantes créatures et leur murmurèrent de se soulever et de conquérir la terre des humains. Des Monts de Cristal jusqu’aux Marais des Trolls, elles répondirent. Ainsi, à la manière de la lune, silencieusement et inexorablement, le Père de l’Obéissance levait la marée du mal.

Quand le Grand Royaume se réveilla, la Confrérie passa à la deuxième phase de son plan : faire pencher la balance en leur faveur. Son dirigeant considérait l’alliance avec certains pays comme vitale. Avant tout, il y avait la Ligue de Fer qu’il ne voulait voir ni prospérer ni mourir. Tant que ces états restaient comme ils étaient, ils constituaient un tampon idéal entre la confrérie et le Grand Royaume. Bien qu’il égalait Ivid dans le mal, le Père de l’Obéissance n’appréciait pas du tout l’Empereur.

Grâce à sa position ambivalante dans les plans de la Confrérie, la Ligue d’Acier reçut des aides et des freins étranges durant la guerre. Ainsi, Irongate, menacée par les armées de la Province du Sud, reçut des équipements, de l’argent, des conseillers et des mercenaires tous évidement de sources diverses. En vérité, la Confrérie contrôlait tout dans la cité et, ne se doutant visiblement pas de leur véritable provenance, Cobb Darg, Grand Seigneur Maire d’Irongate, en faisait bon usage. Le maire, un homme capable et énergique possédant un sens inné de la tactique, utilisa ces ressources pour battre à plate couture à plusieurs reprises la Grande Armée du Sud bien que son armée fut largement dépassée par le nombre. Cobb Darg, aidé de ses conseillers, fit une utilisation judicieuse de pièges, de fortifications et de magie et mena plus d’une des armées d’Ahlissa à leur perte.

Pendant qu’elle défendait Irongate et donc Onnwal, la Confrérie travaillait ailleurs pour détruire l’unité de la Ligue d’Acier. Sachant que le Grand Marais bloquerait toute attaque terrestre, le Père de l’Obéissance ne leva pas le petit doigt quand Osson libéra Sunndi. Sous la direction d’Ivid, les cours du pays étaient peu sensibles aux conseillers de la Confrérie, mais libérées elles les accueilleraient certainement avec joie - du moins pendant quelque temps.

Une autre partie de la Ligue de Fer avait un intérêt tout particulier pour la Confrérie - la Seigneurie des Iles. Les plans du Père de l’Obéissance nécessitait qu’il contrôle les mers du sud, il était donc vital de capturer une flotte. Ainsi, les agents de la Confrérie corrompurent un cousin lointain du prince reignant et se débrouillèrent pour déposer le Prince Latmac Ranold. Une fois que leur marionnette, le Prince Frolmar Ingerskatti, était au pouvoir, la Confrérie signa un contrat avec lui et pris le contrôle de la seigneurie. Sur ordre du Père Suprème, Ingerskatti plaça des agents de la Confrérie à des points vitaux du pays. Rapidement, les prêtres du Signe Ecarlate établirent des temples et préchèrent. La noblesse fut abolie. En bref, la Confrérie Ecarlate modela rapidement ces terres à son image.

La Ligue de Fer sous son contrôle et le Grand Royaume sur le point de s’écrouler [20], le Père de l’Obéissance passa alors à la troisième phase de son plan. Un ambassadeur encapuchonné de rouge arriva à la cours des Princes des Mers avec un ultimatum : "Soumettez vous à la Confrérie Ecarlate ou soyez détruits." Quand les seigneurs de ces terres se moquèrent de lui, il leur présenta une liste de 30 noms de nobles. Avant le lendemain, 27 de ceux-ci étaient morts. Seulement trois avaient survécu aux assassins écarlates dont deux grièvement blessés. Les princes cessèrent vite de rirent et se rendirent rapidement. Le lendemain, des vaisseaux battant pavillon écarlate accostaient à Monmurg et Port Toli débarquant d’étranges guerriers venus des jungles du sud.

Sa flotte aggrandie et forte de ses nouvelles troupes, la Confrérie frappa vite et fort. Idee et Onnwal tombèrent d’un coup, défaits par des traitrises internes et les armées de sauvages. Irongate se montra beaucoup plus tenace. Malgré les apparences, Cobb Darg connaissait l’origine exacte de l’aide qu’il avait reçu et avait utilisé cette connaissance à son avantage. Juste avant que les armées de la Confrérie n’arrivent, Darg expulsa ou exécuta tous les agents qu’il put trouver. Quand les armées arrivèrent, il les reçut à sa façon, avec énergie et talent. Ainsi, Irongate résista à l’assaut et demeura le seul bastion de liberté dans la Ligue de Fer.

A l’ouest, la Confrérie faisait le blocus de Gradsul car la flotte de Kéoland empêchait tout débarquement. Pendant ce temps, les armées de sauvages s’infiltraient dans les Marais de Hool et dans le Dreadwood. Là, une grande coalition d’elfes de Kéoland leur opposa une redoutable résistance et les força à stopper leur marche. Bien que les défenseurs tenaient, des renforts incessant arrivaient des jungles et forçaient Kéoland à serrer les rangs.

Contrairement à toutes les autres nations impliquées dans la guerre, la Confrérie Ecarlate ne tenta pas de gagner plus qu’elle n’avait déjà acquis. Voyant le long terme, le Père de l’Obéissance cessa rapidement toute hostilité ouverte préférant se concentrer sur l’adminis-tration de ses nouveaux territoires. Des agents de la Confrérie remplacèrent les officiels clé, des prêtres ouvrirent des temples et des lois établissant le pouvoir absolu de la Confrérie furent lentement mises en vigueur.

La Fin de la Guerre

Pendant de longues années (582-584 AC), les nations de la Flanesse avaient comploté, tué, massacré jusqu’à ce que toutes soient à genoux. La guerre avait épuisé la terre et les hommes. Furyondy et Iuz en étaient arrivé à une impasse ; les ressources de Nyrond étaient épuisés et ses paysans croulaient sous les taxes faisant monter un vent de révolte ; le Grand Royaume s’était effondré et ses anciens nobles en venaient à se battre les uns avec les autres ; Keoland combattait des invasions de toutes parts ; nombre d’hommes, de nains, d’elfes, et d’orques étaient partis pour ne jamais revenir ; les fermes étaient vides, les champs dévastés ... La guerre devait cesser.
Les propositions de trève devinrent de plus en plus raisonnables. Les hommes de la Confrérie Ecarlate, sur ordre du Père de l’Obéissance, clamèrent à tous qu’il était temps de cesser les hostilités [21] et que chaque nation se réorganise.

Finalement, la trève proposée par la Confrérie fut acceptée de tous après d’âpres négociations, des intimidations de toutes sortes, et même quelques assassinats [22]. La Cité de Greyhawk qui fut épargnée par la guerre devint le site de la conférence [23]. C’est en Harvester, que le Grand Conseil se réunit.

La paix, bien que simple en théorie, s’avéra être un véritable casse tête pour les nombreux ambassadeurs présents à Greyhawk. Durant les six mois que dura le Grand Conseil, les intrigues de tout style abondèrent comme chacun essayait d’obtenir de concessions favorables. La conférence fut presque annulée de nombreuses fois à cause des ombrages subits par certains, réels ou imaginaires.

Finalement, le Jour de la Grande Signature arriva et presque toutes les nations étaient tombées d’accord. C’est alors que cet évènement important allait avoir lieu que l’irréparable se produisit.

Même actuellement, on ne sait pas encore exactement comment, mais quelqu’un tenta apparement de tuer toute la délégation présente à la cérémonie. Une immense explosion détruisit une bonne partie du Grand Hall de Greyhawk quelques instants seulement avant que les invités n’arrivent dans les lieux. Il s’ensuivit une terrible bataille magique au travers de la vieille ville. Quand tout redevint calme, les gardes découvrirent les corps calcinés de deux puissants membres du mystérieux Cercle des Huit - Otiluke et Tenser. Le meurtrier de ceux-ci s’avéra être Rary, lui aussi membre de cette organisation. Toutefois, celui-ci semblait avoir prémédité son coup car tous les clones existants des deux mages furent également détruits rendant leur mort irrémédiable.

Les motivations de Rary sont incertaines. D’après ceux qui le connaissait bien, il aurait voulu profiter de cette occasion - la signature de la paix - pour prendre le pouvoir dans le chaos qui aurait suivi la mort de tant de dirigeants de tant de pays divers. D’autres prétendent que Rary était un agent de la Confrérie Ecarlate.

Démasqués, Rary et son complice, le Seigneur Robilar, fuirent la cité et trouvèrent refuge dans les profondeurs du Désert Brilliant. Là bas, ils dominèrent les nomades et établirent leur royaume. Bien que petit et mystérieux, ce petit état pourrait bien un jour menacer la cité de Greyhawk. Malgré cet évènement, la paix fut signée rapidement entre les diverses parties. Ainsi nacquit le Pacte de Greyhawk qui mettait fin à trois années de guerres que l’on nomme encore à tord les Guerres de Greyhawk.


[1La fortification de la frontière précède en réalité la fondation du Duché de Tenh. Les premières défenses ont été construites par les Aerdi, une muraille hérissée de tours dressée au sommet de la passe. Calbut s’est naturellement développé au pied de la passe et était déjà fortifié à l’époque de la Rébellion Tenhas.

[2La moins qu’illustre carrière de Margeist de Redspan lui a fait gagner le poste de Sénéchal de Calbut, une position dans laquelle il "pourrait causer le moins de mal possible". Vaniteux et incompétent, le nouveau commandant de garnison s’est rapidement retrouvé soupçonné, par un Chevalier-Magistrat de Tenh, de détournement des fonds de la trésorerie de la garnison. La culpabilité ou l’innocence de Margeist sont devenues sans intérêts quand il a disparu lors du pillage de Calbut. Des rumeurs ont suggéré que Margeist a trahi Calbut, utilisant la chute de la ville pour dissimuler sa fuite.

[3En particulier, le roi de la plus faible nation barbare, les Fruztii, a énormément profité de ce pacte avec Ratik. L’archibaronie a aidé les Fruztii à prendre le contrôle la passe septentrionale des Poings et à reconstituer suffisamment de force pour pratiquement se libérer de la domination des puissants Schnai.

[4A. Yamoskov, un sage de Rel Mord, suppose que selon le Codex de Mordenkainen, Iuz possédait les réceptacles contenant la force vitale (NdT : s’agirait-il de « Soul Gems » ) de ses serviteurs démoniaques et pouvait ainsi les plier à sa volonté. Il soutient que pendant "l’emprisonnement" d’Iuz dans les donjons de Zagyg, le demi-dieu a été en réalité seulement banni du Premier plan Matériel. Pendant cet exil, Yamoskov suggère, que Iuz a rassemblé les objets dont il avait besoin.

[5Sevvord Redbeard a défié la coutume normale consistant à interrompre les combats à la tombée de la nuit, au lieu de cela il s’est appuyé sur des troupes possédant l’infravision pour mener l’attaque.

[6Indiscutablement, l’argent est venu de Pavoisie (« Shield Lands »). Un groupe d’aventuriers du Perrenland a pillé le trésor d’un chef orc de la forêt de Vesve et y a trouvé de l’argenterie provenant de la table même du Seigneur Holmer !

[7G. Ivril pense que la force de siège était constituée d’au moins cinq tribus orques majeures : les tribus Vrunik, Faarsh, Jukko, Haggnah et Karaki. Cependant, l’armée de la Vesve doit certainement avoir inclus d’autres races, notamment des gobelins et des hobgobelins, et donc la liste d’Ivril des tribus est sûrement incomplète.

[8Tout en gardant ses distances, le Herzog du Nord craignant de se retrouver avec un poignard planté dans le flanc.

[9Il est dit que, frustré par son incapacité à forcer le Saint Censeur de Medegia à rejoindre l’alliance, l’Empereur a ordonné l’assassinat de 100 des concubines du Saint Censeur afin d’assouvir sa rage.

[10Osson avait correctement jugé ses ennemis. L’Armée d’Aerdy, la plus importante du Grand Royaume, était conduite par des courtisans, pas des guerriers. Le Grand Despote de l’armée, sa Grandeur Yimdil de Jalpa, préférait commander ses hommes du confort de son palais de Jalpa plutôt que d’endurer les rigueurs d’une campagne se déroulant à 200 miles. Ses subordonnés ne valaient pas mieux, se battant les uns contre les autres plutôt que contre l’ennemi, cherchant à discrétider leurs collègues et ainsi à gagner quelques faveurs aux yeux des redoutables censeurs de l’Empereur.

[11L’Armée d’Aerdy fournissait un excellent exemple de bagages inutiles. Bien que des comptes exactes ne furent pas faits, le prévost de l’armée estimait dans une lettre à sa femme que la caravane d’intendance de la troupe s’étendait sur 40 miles et prenait environ trois jours à rassembler. Entre autre, elle comprenait 5000 femmes, 500 jeunes garçons, deux troupes de théatre et 50 rossignols dans des cages d’or.

[12Thredus, le chroniqueur et mage personnel du commandant Osson, rapporte fidèlement ces conseils de guerre. La Véritable Histoire de la Grande Campagne Almorienne de Thredus comporte cinq volumes et relate les détails des diverses batailles et des informations biographiques à propos d’Osson lui-même.

[13Les victimes condamnés au supplice de la Mort Sans Fin portent un anneau de régénération pendant que les bourreaux se relaient pour les torturer sans fin. Ceux-ci sont particulièrement préparés à cet effet et savent bien doser leurs efforts pour ne pas tuer leur sujet. Ainsi, on dit que certains auraient été ainsi suppliciés par des générations de tortionnaires.

[14Comment un demi-sang - généralement méprisé par les vrais orques - réussit à prendre le contrôle d’une des plus puissantes tribus d’orques du Pomarj reste un mystère. Certains sages pensent qu’il aurait pu être aidé par un mage ou même par la Confrérie Ecarlate.

[15Le Despote détestait et avait désespérement besoin de ses troupes humaines. En effet, il les considérait comme faible car manquant de sauvagerie - comparés à ses orques. Toutefois, il les savait plus patientes et disciplinées. Ses forces orques, elles, ne supporteraient pas de manquer de batailles et de victoires.

[16Nul renfort n’arriva de Célène. Les elfes clamèrent qu’ils n’avaient pas été mis au courant. Toutefois, quelques semaines plus tard, un messager revint à la passe disant qu’il avait rencontré personellement le Lumineux Commandant Elf Jevrail et qu’il lui avait délivré le message de Rourk. Ne pouvant pas prouver ses dires, beaucoup pensent (surtout des elfes) qu’il a menti pour couvrir sa désertion.

[17Beaucoup étaient réellement incompétents. Mais, Ivid incluait dans le lot d’autres qui étaient très doués.

[18Suite à l’arrestation puis la condamnation du Saint Censeur Spidasa, le culte d’Hextor avait perdu beaucoup de son prestige et de sa puissance à la cours d’Ivid. Logiquement, les membres survivants du culte cherchèrent quelque pardon en aidant l’Empereur à restructurer son armée.

[19L’indentité et l’alignement politique de l’assassin restent un mystère : le meurtre était vieux de quelques secondes quand les gardes du corps de l’Empereur le transformèrent en bouillie.

[20G. Ivril attribue avec certitude la chute du Grand Royaume à la Confrérie Ecarlate. Toutefois, la plupart des historiens considèrent que la seule folie d’Ivid était une raison largement suffisante pour ça.

[21On ne sait pas pourquoi la Confrérie demanda la paix universelle, probablement pour lui laisser le temps de raffermir son emprise sur ses nouveaux territoires et d’infiltrer d’autres gouvernements.

[22Par exemple, le Yeomanry ne signa qu’après que sa frontière avec les Princes des Mers soit clairement définie. Le Domaine de Stonefist ne signa qu’après la mort mystérieuse de quelques atamans

[23En fait, Greyhawk prospéra immensement pendant la guerre. Nombre de réfugiés y arrivèrent fuyant leurs terres dévastées - avec parmi eux les meilleurs érudits, artistes et mages de la Flanesse - avec leurs seules richesses. Cet afflux de personnes eut donc pour effet de faire déborder les coffres et les frontières de la Cité. Ainsi, à la fin de la guerre, son influence s’étendait sur tout le nord de la Côte Sauvage et la totalité des Collines Cairn.


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dimanche 22 janvier 2017

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