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Magie baklunienne
Le Zashassar
Le Zashassar d’Ekbir est l’une des plus puissantes organisations de mages de toute la Flanesse, et l’une des plus secrètes. Fondé dans les jours qui suivirent la Dévastation Invoquée, il sauvegarde et protège l’immense savoir magique de l’Empire baklunien. Héritiers des mages de l’ancien empire, les zashassaris sont les dépositaires de ce qui en subsiste. Ils sont craints, et étroitement surveillés par le clergé de la Foi Exaltée.
Le cataclysme a causé la perte irrémédiable d’une partie considérable de ce savoir, notamment par la mort des plus grands mages d’alors. Ce qui a pu être sauvé est, depuis cette époque, soigneusement gardé dans les profondeurs mystérieuses du Zashassar. Les connaissances magiques qui y sont conservées sont peut-être les plus considérables de toute la Flanesse, mais elles sont aussi les plus secrètes et les mieux gardées.
Le Zashassar ne joue aucun rôle politique à Ekbir en dépit de sa considérable puissance. Les mages travaillent à des projets connus d’eux seuls, dans un splendide isolement. Les problèmes politiques sont pour eux des choses triviales, de peu d’intérêt. Ils ne semblent concernés que par la magie, la connaissance, ou par des quêtes de grande ampleur. Peu de gens savent en fait ce qui les préoccupe, ce qui entretient toutes sortes de rumeurs.
Le Zashassar fait l’objet d’un contrôle de la part du clergé d’Al’Akbar. Les califes ne souhaitent pas détruire ce qu’il reste de l’ancienne magie baklunienne. Ils veulent éviter un nouveau cataclysme, ou une prise du pouvoir par les mages. Un ordre spécial d’inquisiteurs, la Mihna, est chargé de s’assurer du respect de la règle. Ce contrôle remonte à l’époque d’Al’Akbar lui-même, qui l’imposa au Zashassar naissant afin d’éviter que la magie ne domine à nouveau la société baklunienne, comme du temps de l’Empire, avec tous les excès catastrophiques que l’on sait.
Le Zashassar fut fondé sur un engagement d’isolement total et de loyauté aux califes. Ses membres doivent garder les secrets magiques et les connaissances sensibles, et éviter qu’ils ne soient divulgués. Certains prétendent que le secret de la Pluie de Feu Incolore serait conservé au cœur du Zashassar, mais aucune preuve ni témoignage n’est jamais venu confirmer cette hypothèse.
Les membres du Zashassar sont appelés des zashassaris. Ils font l’objet d’une sélection rigoureuse, qui élimine la plupart des postulants. Cette sélection est basée non seulement sur les aptitudes à la magie et les capacités intellectuelles, mais aussi sur les qualités d’obéissance, de loyauté et d’abnégation. La discipline est d’une dureté difficilement concevable. Les zashassaris doivent entrer dans le moule de l’ordre et renoncer à toute liberté individuelle pour se fondre dans l’organisation. Aucune fantaisie n’est tolérée. L’obéissance doit être absolue, et les sanctions prévues par une règle draconienne sont impitoyables.
La vie d’un zashassari est entièrement vouée à l’Ordre, à la garde des connaissances et des secrets qu’il renferme, et à la magie. On dit que tout nouveau membre doit prêter un terrible serment d’allégeance et de fidélité pour être définitivement admis, et que briser ce serment aurait des conséquences dramatiques pour le parjure.
Il n’est pas étonnant que les zashassaris aient la réputation d’être complètement déshumanisés, froids et indifférents. On ne les rencontre que très rarement, et toujours lorsqu’ils ont une mission précise pour leur Ordre. Ils ne se détournent jamais de leur but et ne parlent aux personnes extérieures que si c’est vraiment nécessaire. Lorsqu’un zashassari paraît, un sentiment de malaise et d’inquiétude devient palpable autour de lui, tellement ces mages sont environnés d’une aura de mystère et de puissance.
Les zashassaris sont normalement vêtus de robes entièrement noires à capuchon, ce qui leur vaut le surnom de mages noirs. Leur tempérament est très austère. Ils sont peu enclins à s’amuser, et encore moins à rire. Le seul divertissement répandu parmi eux est le jeu d’échecs, ou sa variante des échecs-dragons. Même leur vie de famille, mariage et enfants, est réglementée et contrôlée par l’Ordre. Ils doivent rendre compte de leurs actes à leurs supérieurs, et agissent sur ordre.
En raison des fortes contraintes disciplinaires qui pèsent sur les membres du Zashassar, l’entrée dans l’Ordre est réservée aux PNJ.
Le Collège du Zashassar
Pour recruter de nouveaux membres, le Zashassar a créé un collège destiné à sélectionner les magiciens présentant les qualités requises. Ce collège, ouvert à tous, dispense une formation de base en magie et prépare aux épreuves d’entrée dans l’Ordre. Les disciples du Collège ne sont pas des zashassaris à part entière. L’entrée au Zashassar proprement dit est infiniment plus dure.
Ces épreuves sont notoirement difficiles. Elles testent non seulement l’intelligence et les capacités en magie, mais également la volonté, la discipline et l’alignement. Elles sont passées à l’issue de la formation de base, lorsque les étudiants accèdent au niveau 1 de magicien. Les recalés sont exclus du Collège, alors que les lauréats peuvent entrer dans le Zashassar.
Même dans le Collège, la discipline est extrêmement dure et décourage de nombreux apprentis, ce qui permet une première sélection.
Tout PJ débutant sa carrière d’aventurier comme magicien de niveau 1 peut avoir été, à la discrétion du joueur, formé dans le collège du Zashassar. Dans ce cas, il s’agit d’un étudiant ayant échoué aux épreuves finales. Cet échec n’empêche aucunement la poursuite d’une brillante carrière de magicien, comme le prouve l’exemple d’Alhamazad le sage, mage de Zeif, membre du Cercle des Huit, qui s’est enfui du Collège à cause de la dureté de la discipline.
Les initiés
Le premier rang du Zashassar est celui d’initié. Les initiés ont passé les épreuves d’entrée et prêté le serment de l’Ordre, qui les lie à vie et garantit leur loyauté.
Les missions
La mission principale du Zashassar est de garder les secrets magiques hérités des temps anciens. Il s’agit à la fois de les conserver, pour éviter qu’ils ne soient perdus ou oubliés, et d’empêcher qu’ils ne soient divulgués ou acquis par des personnes non autorisées. Le Zashassar recèle notamment une bibliothèque légendaire, interdite au commun des mortels.
Héritier des mages bakluniens, le Zashassar est spécialiste en magie des éléments et des génies. Son champ d’action s’étend bien au-delà, dans tout le royaume de Boccob Al Zarad, le dieu de la Magie.
Le Zashassar prend aussi part à la lutte contre les Ataphades et leur sorcellerie, en les combattant directement, notamment à bord des navires de guerre d’Ekbir. Les sorciers ataphades sont les ennemis jurés du Zashassar. Outre leur hostilité envers le califat, ils s’évertuent à acquérir de puissants secrets magiques pour ensuite les corrompre et les utiliser à des desseins maléfiques.
Le Zawiyar
Le Zawiyar est une organisation de magiciens, patronnée par l’archimage Alhamazad du Cercle des Huit.
Son but est de conserver dans sa pureté originelle les traditions et la magie baklunienne. De ce fait, elle recrute exclusivement parmi le peuple baklunien.
Le Zawiyar est totalement indépendant du calife d’Ekbir et de la Foi Exaltée. Il penche fortement vers la neutralité, selon une ancienne tradition baklunienne qui remonte à la fin de la période impériale. Cette attitude crée des frictions avec les autorités religieuses du califat, qui voient d’un très mauvais œil une organisation indépendante de mages. Aussi le Zawiyar est-il, à Ekbir, une organisation clandestine. Il ne fait cependant pas l’objet d’une chasse acharnée, en tout cas pour le moment, sauf de la part du Zashassar, qui ne tolère pas l’existence d’une organisation rivale. Le Zashassar étant bien plus puissant sur le territoire du califat que le Zawiyar, ce dernier est réduit à la portion congrue. Son repaire est caché dans la profonde forêt d’Udgru, au milieu de ses périls, et des bandits, des hérétiques et des proscrits de toutes sortes.
Le Zawiyar a des ramifications dans les autres pays bakluniens, où il n’est pas persécuté, notamment à Tusmit, où il est connu sous le nom d’ordre du Sang pur, et à Zeif, où réside habituellement Alhamazad lui-même.
Alhamazad ayant participé à une expédition non autorisée dans les Pinacles d’Azor’Alq, il s’est attiré la colère des Gardiens des Pinacles et, dans une moindre mesure, du culte d’Azor’Alq. Cet antagonisme s’est naturellement étendu au Zawiyar.
Le Zawiyar s’intéresse principalement à la magie des éléments et des génies, et à tout ce qui concerne l’antique empire baklunien et sa guerre contre l’empire sulois. Se considérant d’une certaine manière comme les héritiers des anciens mages bakluniens, les mages du Zawiyar affichent une haine irréductible envers les Sulois et leurs descendants.
La puissance du Zawiyar est très loin d’approcher celle des mages bakluniens d’antan, et le secret de la Pluie de Feu Incolore semble bel et bien perdu. En dehors de ces particularités, le Zawiyar fonctionne comme une guilde de magiciens typique : il aide ses membres et leur offre toutes sortes de facilités, mais exige d’eux une contribution financière.
La magie des éléments
La magie des éléments est une spécialité baklunienne de longue date. Elle comprend l’invocation de génies tels que les djinns (air) et les éfrits (feu), d’élémentaux ordinaires ou de créatures du mal élémentaire. Les seigneurs élémentaires, sans faire l’objet d’un culte, sont étudiés avec attention.
Les seigneurs du mal élémentaire ont pour noms Imix (feu maléfique), Ogremosh (terre maléfique), Olhydra (eau maléfique) et Yan-C-Bin (air maléfique). Les seigneurs du bien élémentaire se nomment Zaaman Rul (feu bénéfique), Sunnis (terre bénéfique), Ben-Hadar (eau bénéfique) et Chan (air bénéfique).
Les cultes de divinités élémentaires se sont développés : Joramie pour le feu, Ulaa pour la terre, Geshtaï pour l’eau. L’imprévisible et hautement maléfique divinité connue sous l’appellation d’Ancien Dieu des Éléments joue également un rôle dans ce tableau.
Omniprésente et portée à son plus haut degré de puissance durant les derniers temps de l’Empire, la magie des éléments est aujourd’hui en Ekbir soigneusement contrôlée et contenue, pour éviter tout débordement. Les secrets les plus importants sont gardés dans les profondeurs du Zashassar, qui ne les divulgue pas. La magie élémentaire n’est donc qu’un vestige de ce qu’elle fut. Cependant, des savants élémentalistes parviennent toujours à se former de temps à autre.
Mathghamhna
Une université de magie du nom de Mathghamhna fut fondée à l’époque de l’empire baklunien, en un lieu très reculé et très éloigné de l’empire sulois. Le but était de mettre les plus grands secrets et les plus grands mages à l’abri des destructions suloises.
Peut-être que les prédictions d’Al’Akbar furent plus écoutées qu’on ne le pense, ou que les devins d’Istus se montrèrent plus clairvoyants qu’on veut bien le dire, mais Mathghamhna fut bel et bien construit. Conformément à l’objectif, le site ne fut pas touché par la Dévastation Invoquée. Le projet ne fut pas sauvé pour autant.
Après le Cataclysme, une trahison ébranla l’institution qui, faute du soutien de l’État impérial anéanti, s’effondra rapidement. Les plus grands mages morts, à Tovag Baragu pour la plupart, il ne restait plus que quelques apprentis, qui furent récupérés par le Zashassar, et leurs secrets avec eux. Mathghamhna fut abandonné pendant plusieurs siècles.
Ce n’est que récemment que le site fut réoccupé et qu’un nouveau collège de magie y fut discrètement fondé. Ce collège n’a ni la puissance ni le prestige du redoutable Zashassar d’Ekbir, mais ses membres bénéficient de beaucoup plus de liberté. Les membres de ce collège s’efforcent de rester discrets pour ne pas s’attirer l’ire des zashassaris, mais ceux-ci exercent déjà une surveillance peu amène sur le nouveau collège indépendant. Le recrutement de celui-ci n’est d’ailleurs pas restreint à Ekbir.
L’emplacement exact de Mathghamhna n’est pas connu et, par sécurité, ses membres n’en parlent jamais. On pense cependant qu’il se trouve dans un volcan éteint à l’extrémité nord-ouest des Yatils, entre le pays d’Ekbir et celui des Nomades-Tigres. La région est extrêmement dangereuse et l’accès au site est long et périlleux.
L’entrée dans l’Université de Magie de Mathghamhna est ouverte aux PJ. (cf. la classe de prestige « Mage de l’Ordre Arcane ».)
Le Collège des Astrologues
L’astrologie est une ancienne spécialité baklunienne, qui remonte à l’Empire et qui est perpétuée par ce collège.
Les mages du Zashassar sont aussi très érudits en matière d’astrologie, mais ils gardent leurs conclusions pour eux, ou pour des personnes autorisées. Le collège des astrologues, au contraire, est accessible au grand public. Ses membres conseillent tous ceux qui viennent les consulter, contre rémunération. Ils sont très liés au clergé d’Istus.
Le collège des astrologues fait partie de l’Université d’Ekbir.
Objets magiques liés à Ekbir
La Tapisserie d’Ekbir
Cette terrible tapisserie se trouve dans le Zashassar. Elle représente une rivière noire dans une contrée sombre, sinistre et désolée. Cette tapisserie serait une porte vers l’un des plans inférieurs, bien que des rumeurs prétendent qu’elle s’ouvre en fait vers un monde inconnu. Le bruit court qu’on y expédierait en secret les pires criminels.
Le Garrot d’Ekbir
Le garrot est l’une des armes favorites des assassins œuvrant à Ekbir. En conséquence, des garrots magiques ont été enchantés pour des individus malintentionnés. (Voir à ce sujet les règles de Song and Silence.)
Faruk
Faruk est le nom du cimeterre d’Azor’Alq. Cette arme est une véritable relique aux pouvoirs considérables. Elle est cependant perdue.
La Lanterne de Daoud
La relique la plus célèbre liée à Daoud est sa lanterne.
La Coupe et le Talisman d’Al’Akbar
Ces deux reliques, si importantes pour la religion ekbirienne, ont été volées par des elfes. C’est une quête sacrée que de les rechercher. Leur histoire est dans Histoire.
La Coupe est en or martelé, avec des filigranes en argent ciselés et douze grandes gemmes dans des sertissures en électrum.
Le Talisman est en platine martelé, en forme d’étoile à huit branches, avec des incrustations d’or ciselées et une petite gemme étincelante à chaque pointe. Il est suspendu à une chaîne en or, en argent et en électrum.
Le Sabre d’Al’Akbar
Le cimeterre à deux mains du prophète serait toujours en la possession des califes d’Ekbir.
L’Épée d’Azor’Alq
Azor’Alq possédait une épée magique en plus de Faruk. Elle aussi est perdue depuis longtemps. Cette épée intelligente et hautaine serait une destructrice de démons.
La Jacinthe à l’inestimable beauté
On dit que le plus beau corindon fut extrait du cœur de la plus grande montagne et taillé par les dieux eux-mêmes pour en faire la jacinthe à l’inestimable beauté. Cet énorme joyau orange flamboyant est d’une beauté indescriptible, et merveilleusement taillé en douzaines de facettes qui émettent des rayons de lumière brillante.
La jacinthe aurait été donnée par le Shah des Eaux du lac Udrukankar aux envoyés du sultan de Zeif, Jeref Peh’reen, qui la posséda quelque temps. Elle passa ensuite dans le pays de Ket puis, vers le sud, en Kéolande, où l’on perd sa trace. Sa disparition aurait empêché le sultan de restaurer l’Empire baklunien en fondant une nouvelle dynastie impériale.
La Couronne des califes
La couronne traditionnelle des califes est octogonale et en or. Elle aurait de grands pouvoirs.