Ekbir

Armées

Sommaire

Organisation et recrutement

Les askars

Ekbir dispose d’une armée permanente, constituée par les régiments entretenus par l’État central et par ceux des grands seigneurs féodaux. Ces unités permanentes sont des askars : des troupes entretenues par un seigneur puissant du califat. Leurs membres sont des askaris.

Le plus puissant est l’askar d’Ekbir, directement au service du calife, fort de 5 000 askaris basés pour la plupart dans la capitale. Les autres askars regroupent à eux tous 2 500 askaris. Un askar peut se composer de plusieurs régiments.

Les seigneurs de haut rang ont leur propre askar. Ils doivent le réunir à l’armée du califat en temps de guerre, à l’appel du calife ou du grand vizir, et venir avec leurs askaris. L’askar du Dezbat, entretenu par le seigneur du Dezbat, Urik Ashir, comporte depuis une quinzaine d’années un régiment d’élite composé des cavaliers-tonnerre.

Les askaris sont pour la plupart des faris, des cavaliers. Ce sont des cavaliers d’élite moyennement lourds, en jawshan ou en jazeran en général. On trouve aussi dans les askars quelques cavaliers légers, en qarqal ou en dir’, spécialisés dans la reconnaissance et le harcèlement. L’essentiel de la cavalerie légère ekbirienne est cependant constitué de mercenaires paynims.

Les askars sont soigneusement organisés et hiérarchisés, avec une chaîne de commandement efficace. Les armées sont divisées en régiments de 1 000 hommes, eux-mêmes subdivisés en compagnies de 100, à leur tour divisées en conrois de 40. Ces effectifs sont théoriques.

Les askaris sont rémunérés soit par une paye, soit en iqta, c’est-à-dire en fiefs qui procurent des revenus. Le système des iqta sert surtout à rémunérer et à récompenser les militaires, surtout les amirs. Le bénéficiaire peut lever des impôts. En échange, le service dans l’armée est obligatoire. Les iqta ne sont généralement pas héréditaires. Comme ce ne sont que des modes de rémunération, l’État peut en déplacer la localisation à volonté.

Les askaris

L’askari est le soldat membre d’un askar. Les officiers sont des amirs.

Les amirs

L’amir est un officier de l’armée. On distingue quatre grades : amir de cinq, sous-officier ; amir de dix, officier subalterne ; amir de quarante, officier supérieur ; amir de cent, général.

Les grades sont les mêmes dans la marine de guerre, sauf le dernier, qui est celui d’amiral. L’échelle des rangs situe ces titres parmi les autres corps.

La Garde sacrée

La Garde sacrée est la garde personnelle du calife. Elle fait partie de l’askar d’Ekbir. C’est une unité de 1 000 guerriers d’élite, de qualité exceptionnelle, soigneusement sélectionnés, lourdement armés, et qui combattent à pied. Ils utilisent des chevaux pour se déplacer, mais démontent pour le combat. Ils portent uniquement le jawshan.

Les gardes sont choisis non seulement pour leur valeur, mais aussi pour leur loyauté. Le calife accorde à ses hommes les plus méritants honneurs et richesses. Ils se sentent membres d’un corps d’élite, et cette fierté renforce leur cohésion et leur loyauté. C’est une unité extrêmement disciplinée, dévouée au calife jusqu’au fanatisme. Elle garantit en grande partie la stabilité politique du pays.

La Garde sacrée est basée dans le palais du calife à Ekbir et dans la citadelle. Les gardes sacrés ont le privilège d’entrer en armes à tout moment dans n’importe quel temple du pays.

Les Faris

Un faris est un cavalier de l’askar. Un Faris est un chevalier, membre d’un ordre. Les Faris d’Ekbir jouissent d’un grand prestige dans tous les territoires bakluni. On les tient pour les meilleurs chevaliers de ces pays : ils surpassent en noblesse leurs homologues de Tusmit, et en discipline les spahis de Zeif. Cette supériorité vient de leur appartenance à des confréries religieuses akbarites.

Ils portent la tenue de leur choix, et notamment leurs armoiries personnelles. Un signe distinctif identifie cependant la confrérie à laquelle ils appartiennent.

Les ordres majeurs

La Confrérie des Hospitaliers. Créée par Azourma lui-même sous le règne du calife Oudmey, elle est la plus ancienne de toutes, et l’une des plus prestigieuses. Sa vocation est de fournir au califat des cavaliers d’élite et de protéger les pèlerins sur les routes du califat. Cette protection comprend la défense contre les brigands, les pillards ou les monstres, mais aussi le soin et l’assistance aux blessés.

Le ribat de l’ordre est dans la ville sainte d’Ekbir, sur le maïdan Al’Akbar. La confrérie possède également des ribats secondaires, qui servent d’hôpitaux et de caravansérails.

La Confrérie du Lion. Elle est la deuxième des confréries de Faris par l’ancienneté, et son prestige n’est pas moins grand que celui des Hospitaliers. Elle a pour emblème le lion divin qui indiqua à Al’Akbar l’emplacement où fonder la ville d’Ekbir. Elle recrute presque uniquement parmi la noblesse du califat. Sa mission, purement militaire, consiste exclusivement à fournir au calife une cavalerie d’élite.

L’Ordre de la Coupe et du Talisman. Fondé peu après le vol des reliques, il a pour mission de les retrouver et de les ramener au Grand Temple d’Ekbir. La quête de la Coupe et du Talisman d’Al’Akbar est donc l’activité principale des Faris de cet ordre. C’est une puissante confrérie, et son prestige est considérable. Son ribat principal est situé sur la côte du Dezbat. Le dirigeant de l’ordre porte le titre d’archonte.

Les ordres mineurs

La Confrérie de la Nécropole. La mission de cette confrérie à part est le combat contre les morts-vivants. Elle est basée dans la nécropole d’Ekbir, mais possède des ribats dans d’autres endroits, toujours à proximité de cimetières importants, de charniers ou de sites ayant vu des massacres, et de ce fait susceptibles de voir apparaître des morts-vivants, spontanément ou sous l’influence de nécromanciens. On lui confie souvent, aux côtés de qadi, des tâches d’inhumation, d’embaumement, ou même parfois de garde de tombeaux. C’est le cas dans la grande nécropole de la ville d’Ekbir.

L’Ordre du Calice. Un siècle après le vol des reliques, des Faris aidèrent un ange à combattre un puissant démon. Pour les remercier, et pour atténuer la perte de la Coupe, l’ange leur fit don d’un calice dans lequel il versa du sang coulant de ses blessures. Peu après, ces Faris fondèrent une nouvelle confrérie vouée à la garde de ce calice et au combat contre les démons. Le ribat principal, qui abrite le précieux calice, se trouve dans la grande forteresse de Kalat-Kebir, près du fleuve Tuflik.

La Confrérie des Templiers d’Ekbir. L’unique ribat de cet ordre se trouve dans l’Enceinte sacrée d’Ekbir, qui comprend le Grand Temple, le Temple du Passage et le Mausolée d’Al’Akbar. Les Faris de cette confrérie sont chargés de la protection de ces lieux saints. Armés du cimeterre à deux mains, vêtus de rouge par-dessus leur armure, ils sont les seules personnes en armes à l’intérieur de l’Enceinte sacrée.

La Confrérie du Vent. Elle est l’une des plus petites et des plus élitistes de toutes les confréries de Faris. Sa mission est de fournir une cavalerie ailée au califat. Les montures utilisées sont principalement des pégases. Le ribat principal se trouve à Kalat Kara, la forteresse noire, isolée du califat par la périlleuse forêt d’Udgru.

La Confrérie de la Voie de l’arc. Elle a pour vocation de fournir des archers d’élite au califat. La maîtrise du tir à l’arc est vue par ces Faris comme une élévation spirituelle. Son ribat principal est situé dans le Darrazir.

La Confrérie de la Voie de l’épée. Cette confrérie a développé une doctrine mystique autour du maniement du cimeterre. Elle fournit des combattants d’élite au califat. Son ribat principal se trouve dans le Qaradol.

La Confrérie de la Voie du cheval. Le ribat fortifié de cette confrérie se trouve dans le Qaradol. Les prouesses équestres constituent sa particularité, et représentent sa voie originale vers la révélation divine. L’ordre contribue à l’élevage des coursiers bakluniens : des chevaux de guerre légers, particulièrement agiles et rapides, également forts et robustes pour leur taille. Ils sont pour cela très recherchés, et très chers.

Les Faris Rautha. Cet ordre est pour la première fois cité dans le module La Légende de Glendalloch.

Hiérarchie

Formation

Dans le califat, les Faris reçoivent un double entraînement, martial et religieux, au sein de confréries religieuses abritées dans des ribats. L’enseignement religieux se donne dans les ribats, et l’enseignement militaire dans les maïdans.

Les maïdans sont de vastes places d’armes, situées généralement au milieu d’un ribat, et servent aux entraînements militaires.

Les derviches

La plupart des ordres de derviches, d’Ekbir et d’ailleurs, reconnaissent la suzeraineté du calife et répondent à son appel si le califat est menacé, ou pour une cause religieuse.

Les derviches lointains doivent parcourir une longue distance. Ils ne sont donc appelés que dans les circonstances les plus graves, et en prévision d’un conflit de longue durée.

Les derviches qui gardent des lieux saints ne délèguent qu’un contingent restreint.

Les levées

Il est toujours possible, bien que très rare, de faire appel à tous les hommes libres d’Ekbir, qui doivent un service armé en fonction de leur richesse. Ils peuvent s’en dispenser contre finance, ce qui permet d’engager un mercenaire.

Étant donné le manque d’entraînement de la majorité de ces troupes, ces levées sont rares. Les autorités préfèrent payer des mercenaires plutôt que d’incorporer ces troupes paysannes.

Les mercenaires

Ekbir a souvent recours à des troupes mercenaires. Ce sont généralement des Paynims, à la fois efficaces et raisonnablement loyaux envers le calife. Ils constituent des unités de cavalerie légère.

Recrutement de la marine

Les effectifs permanents de la marine de guerre ne permettent pas d’engager toutes les galères en même temps. En cas de besoin, il est fait appel aux hommes libres selon le principe des levées. Étant donné la grande qualité des marins ekbiriens, ces levées sont efficaces dans la guerre navale. Dans ces circonstances, l’ensemble de la flotte est opérationnel.

La marine de guerre est aussi hiérarchisée que les askars. Les positions de commandement sont occupées par des amirs. Les amirs de plus haut rang portent le titre d’amiral. Les amiraux peuvent commander plusieurs navires dans des combats navals de grande envergure. Les amirs qui commandent un vaisseau exercent une activité de corsaire : ils attaquent les navires de pays ennemis d’Ekbir, comme les Ataphades, ou s’en prennent aux pirates.

Armement

Les armes

Les armes favorites des guerriers ekbiriens sont la lance d’arçon lourde, l’arc court composite et le cimeterre. L’épée longue est assez souvent utilisée à la place du cimeterre. La masse, lourde ou légère, et les différents types de haches sont aussi employés.

Les Ekbiriens, comme la plupart des Bakluniens, privilégient le combat monté, d’où l’usage majeur de la lance d’arçon.

Le cimeterre et le cimeterre à deux mains tiennent une place particulière en Ekbir : ce sont les armes d’Azor’alq et d’Al’Akbar respectivement.

Les armes secondaires sont la dague, les différents types de piques (pique, lance, demi-pique) et les arbalètes. Des armes exotiques ont été développées, mais elles n’ont pas connu de succès notable. Les moines de Zuoken et de Xan Yaë utilisent les armes typiques des moines.

Les armures

Trois types d’armures sont particulièrement prisés. L’armure lamellaire, appelée jawshan. La cotte de mailles, appelée jazeran ou kazarand. Le haubergeon, appelé dir’. La simple armure rembourrée, ou gambison, est commune parmi les guerriers les plus démunis ou qui combattent à la légère. Elle porte le nom de qarqal.

L’armure de plates complète est rarement utilisée, en raison de son coût et du temps nécessaire pour la mettre ou l’enlever. Certains faris en sont cependant équipés, et ils ressemblent alors en tous points aux chevaliers de la Flanesse. Les cavaliers ekbiriens portent le jawshan ou le kazarand, alors que la Garde sacrée porte uniquement le jawshan. Les cavaliers légers se contentent habituellement du haubergeon, voire du gambison.

Le jawshan est l’armure lamellaire : crevice dans la version française, banded mail dans la version originale. Le dir’, ou haubergeon, est la chemise de mailles (chain shirt). L’armure de plates est le harnois.

Les boucliers

Les boucliers sont très répandus. Ils peuvent être de tout type et de toute forme, du grand écu en amande au bouclier rond, grand ou petit, en passant par les pavois rectangulaires utilisés à pied.

Les armures de chevaux

L’importance des chevaux dans les armées bakluniennes a conduit à développer fortement les armures de chevaux, ou bardes. Elles sont très répandues, et vont de la simple cotte rembourrée jusqu’à l’armure lamellaire. Ces bardes portent souvent des tissus aux couleurs vives, avec des symboles personnels ou religieux.

Modes de combat

Combat en rase campagne

L’armée ekbirienne maîtrise de nombreux styles de combat, qu’elle met en œuvre selon les circonstances. C’est une armée à prédominance de cavalerie.

La cavalerie légère harcèle l’adversaire afin de lui faire perdre sa cohésion, ou de l’inciter à charger prématurément. Elle est très mobile et très rapide. La cavalerie lourde, moyenne selon les standards orientaux, charge alors l’ennemi désorganisé avec une redoutable efficacité.

Elle est aussi entraînée à décocher des flèches en un tir dense, rapide et groupé, qui s’abat sur l’ennemi comme un déluge de traits. L’infanterie sert de point de fixation, de ligne protectrice, de soutien, ou pour le combat sur un terrain peu propice à la cavalerie.

L’armée manœuvre très bien, avec beaucoup de discipline. Elle a la maîtrise nécessaire pour réaliser des manœuvres complexes. Elle est capable de fuites simulées, d’embuscades préétablies, ou encore de manœuvres d’enveloppement.

Fortification et poliorcétique

Les Ekbiriens sont de grands spécialistes en fortifications et en poliorcétique. Les ingénieurs ekbiriens sont réputés et recherchés.

L’art de la fortification incorpore tous les progrès modernes. Il est renforcé par la collaboration des prêtres et des mages du Zashassar, qui ajoutent diverses protections magiques.

Les engins de siège sont également très perfectionnés : engins à torsion (catapultes et balistes) et engins à contrepoids (trébuchets). Béliers et tours de siège sont utilisés, et habituellement construits sur place. Divers travaux de terrassement peuvent être pratiqués lors des sièges, ainsi que la mine et la contre-mine.

Marine de guerre

La puissante marine de guerre, en grande partie basée à Ekbir, est composée d’une part de navires spécialisés dans le combat naval, et d’autre part de navires polyvalents, à vocation commerciale mais convertibles en navires de combat.

Les premiers sont des dromonds et des galères, pourvus de voiles et de rames. Ces navires sont rapides et redoutables, munis d’un éperon, mais ils ne tiennent pas très bien la haute mer. D’habitude ils longent les côtes et s’abritent la nuit. On peut même les tirer sur une plage.

Les seconds sont des nefs et des caraques, assez lourdes mais aptes à affronter la haute mer. Ces navires n’ont pas de rames et sont relativement lents. Ils peuvent en revanche transporter une grande cargaison. Munis d’engins de guerre (catapultes, balistes) et avec une forte troupe armée à leur bord, ils deviennent des navires de guerre. Les troupes sont protégées par ce qu’on appelle des châteaux, à l’avant et à l’arrière.

Les Ekbiriens utilisent beaucoup le feu grégeois, appelé naft, surtout dans les combats navals.